Françoise Sivignon : Au service des urgences

Radiologue, ancienne présidente de Médecins du monde, Françoise Sivignon se présente aux européennes aux côtés de Benoît Hamon. Un parcours ponctué de convictions.

Nevers, années 1960. Entre une mère au foyer et un père médecin, issu d’une famille de mineurs à Decazeville (Aveyron), à l’accent rocailleux et à la sensibilité proche des socialistes radicaux, Françoise Sivignon grandit au milieu de deux frères et d’une sœur aînée. C’est encore l’époque où filles et garçons sont séparés, où l’on se rend au lycée en blouse avec son nom brodé sur le tissu gris. La petite Françoise « rêve d’ouvrir les portes et de découvrir [ses] rêves ». Ça ne traînera pas. La scolarité s’avance paisiblement, « en chef de classe prompte à revendiquer, à faire valoir [ses] droits », dans une petite ville trop paisible. Le bac en poche, à 16 ans, elle monte aussitôt à la capitale pour s’inscrire à la faculté de médecine. Logée dans un foyer, guère surveillée, elle s’engouffre dans les salles de cinéma tous les soirs. Un film reste en mémoire : Les Valseuses. Un début dans la vie. « Quand on vient d’une ville comme Nevers et qu’on découvre toute l’animation parisienne et la culture, on ne résiste pas », s’enthousiasme-t-elle encore.

Sept années d’études où la culotte s’use sur les bancs de l’amphithéâtre Binet, rue des Saints-Pères, stages à l’hôpital Cochin et en dehors de Paris, à Mantes-la-Jolie, où Françoise Sivignon se trouve d’emblée « dans le bain », d’un service à l’autre en passant par les urgences. Un moment hésitante sur l’anesthésie, elle choisit la radiologie. « Parce que j’aime parler aux gens, ce qui n’est pas vraiment le cas en anesthésie ! En échographie, on est directement au contact des patients, dans un rapport singulier, dans l’intimité, la proximité et l’attente d’un résultat, où l’on n’est pas fier. C’est aussi un examen qui permet de comprendre la douleur des gens, d’échanger, de créer un lien, même si cela reste un temps suspendu. En radiologie, on ne donne pas de traitement, mais on est aux premières loges. »

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