Pourquoi voter à gauche

Bien que très imparfait, le Parlement européen a de vrais pouvoirs, qui impactent la vie quotidienne. User de son bulletin de vote, c’est appuyer les forces qui luttent contre l’ordre libéral.

Michel Soudais  • 22 mai 2019 abonné·es
Pourquoi voter à gauche
© photo : Préparation du matériel de campagne en prévision du vote du 26 mai, dans l’est de la France.crédit : SEBASTIEN BOZON/AFP

Au soir du 26 mai, quelle que soit l’issue du duel de connivence entre La République en marche et le Rassemblement national, le premier parti de France sera celui des abstentionnistes. Environ six Français sur dix devraient bouder les urnes dimanche, selon les instituts de sondage. Ce désintérêt pour le scrutin européen touche davantage les jeunes et les classes populaires. Il est également plus répandu dans l’électorat de gauche qu’à droite. Il n’est pas non plus inédit et n’a rien d’une exception française. En 2014, la participation électorale (42,43 %) était quasi conforme à la moyenne enregistrée dans les 28 États membres (42,61 %). Et cela fait vingt bonnes années que l’élection de nos eurodéputés mobilise moins d’un électeur sur deux (voir infographie).

Les causes de cette abstention sont multiples. Si les électeurs français connaissent assez bien leurs institutions, du conseil municipal au président de la République, et leurs pouvoirs respectifs, le fonctionnement de l’Union européenne apparaît tout à la fois compliqué, technique et lointain. Cette méconnaissance est confortée par la très faible couverture de l’actualité politique de l’UE dans les médias de masse. L’an dernier, le site Euractiv avait ainsi analysé les JT « grands formats » de TF1, France 2, France 3 et Arte durant le mois de mai : trois séquences seulement avaient évoqué _« le débat en cours sur l’adoption du prochain Cadre financier pluriannuel qui détermine pour 7 ans le canevas budgétaire de l’UE ». Diffusés sur les chaînes de France Télévisions, ces sujets étaient « orientés uniquement sur la baisse des aides aux agriculteurs français ».

Vote bafoué

Il s’ensuit un sentiment d’impuissance mâtiné de fatalisme – « cela se décide sans nous » – souvent mis en avant par les

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