« Un ennemi du peuple », d’Henrik Ibsen : seul contre tous

Une mise en scène fracassante et farouchement contemporaine d’Un ennemi du peuple d’Henrik Ibsen par Jean-François Sivadier. Un moment de théâtre fulgurant.

Les classiques sont-ils faits pour conserver les pensées d’autrefois ou pour éclairer le monde d’aujourd’hui ? Les deux, évidemment. La façon dont Jean-François Sivadier s’empare d’Un ennemi du peuple d’Henrik Ibsen, dans son spectacle créé à la MC2 de Grenoble et repris à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, à Paris, se promène dans plusieurs siècles mais s’avère farouchement contemporaine, allant jusqu’à prendre parti dans le débat politique de ces derniers mois.

On ne sait rien de la réaction de l’excellent traducteur de la pièce, Éloi Recoing, qui vient de terminer, pour cette équipe et les éditions Actes Sud, un texte d’une belle fidélité inspirée et qui voit cette version devenir, par moments, un brûlot actuel. C’est dû, en partie, à l’intégration d’extraits de l’essai de Günther Anders La Violence : oui ou non. Ibsen lui-même n’en croirait pas ses oreilles.

Un ennemi du peuple date de 1882 mais conte une histoire qui soulève déjà les questions de l’écologie. Dans une station thermale, un médecin chargé de s’occuper des curistes découvre que les eaux utilisées sont polluées par l’état lamentable de la tuyauterie et ce qui provient des marécages voisins. On empoisonne les curistes en les soignant ! Ce médecin, Stockmann, écrit un long rapport et commence à donner son point de vue ici et là dans la ville. Il s’apprête à transmettre son texte au journal Le Messager du peuple. Aussitôt, les autorités locales, représentées par son propre frère, juge et préfet de police, entreprennent d’étouffer l’informateur et l’information. L’économie urbaine est en jeu.

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