Curieux et ambigu Malaparte…

D’abord correspondant de guerre suivant la Wehrmacht, l’écrivain se raconte dans un Journal secret jusqu’à son retour en Italie après la chute du régime mussolinien. Un texte inédit.

On s’étonnera peut-être de lire dans Politis un article (sans animosité) consacré à Curzio Malaparte (1898-1957). Plus encore en Italie qu’en France, l’écrivain et journaliste a une réputation littéraire et surtout politique plutôt sulfureuse. Celle d’un personnage qui s’est fourvoyé, après ses engouements bellicistes durant la Première Guerre mondiale, vers un fascisme radical, ou « intégral », comme il le souhaite alors, jusqu’à une critique tout aussi aiguë du Duce qui le fait condamner au confino (relégation) sur l’île pauvre de Lipari, au large de la Sicile – le même type de peine que celle subie par Carlo Levi, racontée dans Le Christ s’est arrêté à Eboli. Mais Malaparte ne fut jamais un vrai antifasciste militant ; ce fut même le contraire (1).

Jeune intellectuel révolté mais brûlant d’en découdre, le jeune Kurt Erich Suckert, né en Toscane d’un père allemand et d’une mère italienne, s’engage dans l’armée en 1914. Après quatre ans de guerre, le fascisme a le vent en poupe, notamment parmi les anciens combattants. Curzio Malaparte – il adopte alors ce nom – y voit l’espoir d’une véritable révolution sociale, se réappropriant les espoirs déçus du Risorgimento, le mouvement pour l’unité italienne du XIXe siècle. Il fonde une revue, qui critique bientôt vertement le régime, qu’il accuse de « protéger la société libérale ». Après sa peine de confino, réduite grâce à ses relations au sein du pouvoir, il devient reporter international pour des grands journaux, doit s’aligner sur les positions du régime, allié à partir de 1938 avec l’Allemagne d’Adolf Hitler.

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