Nantes aussi veut des coquelicots

Lors du conseil municipal du 21 juin, la métropole nantaise a signé l’appel des Coquelicots, qui réclame l’interdiction de tous les pesticides de synthèse.

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Coquelicots à la boutonnière, la maire de Nantes, Johanna Rolland (PS), et sa majorité municipale ont voté à l’unanimité un vœu de soutien et d’engagement à l’appel du collectif « Nous voulons des coquelicots », vendredi 21 juin. Le mouvement, qui se réunit tous les premiers vendredis du mois à Nantes et dans de nombreuses autres villes françaises depuis l’automne, milite pour une interdiction de l’ensemble des pesticides de synthèse – agriculture comprise. « Un produit phytosanitaire interdit cède la place à un autre, est-il ainsi inscrit dans le texte soumis au vote. C’est pourquoi seule une interdiction globale permettra à terme de ressourcer nos sols. »

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Dès 9 heures ce vendredi, en guise de préambule au conseil municipal, les élus ont tour-à-tour pris position par rapport au vœu de soutien à l’interdiction des pesticides. « Pour le maintien du vivant et de l’humanité, l’enjeu de biodiversité – souvent moins médiatisé – est tout aussi déterminant que la lutte contre le changement climatique », a rappelé Julie Laernoes, élue écologiste et vice-présidente en charge de la transition énergétique et du climat. « La ville de Nantes a anticipé depuis 2002 en prenant des mesures fortes sur l’interdiction des pesticides, notamment dans le traitement des espaces verts, _a-t-elle ensuite rappelé. Aujourd’hui, il s’agit de montrer que nous prenons la mesure des choses et que nous posons des actes concrets. »_

Si la majorité, composée d’élus du PS, d’EELV et du PCF, a voté à l’unanimité pour le soutien à l’appel des coquelicots, l’opposition s’est abstenue. Les élus de la droite et du centre ont dénoncé un vœu « péremptoire » qui pointe du doigt la responsabilité directe des agriculteurs. Dans sa prise de position, Laurence Garnier (LR) a également critiqué « une position très métropolitaine, imposée par la ville-centre à sa périphérie ».

52 villes signataires

La cité des Ducs est loin d’être un cas isolé. Les villes de Paris, Toulouse, Brest mais aussi Grande-Synthe et Langouët ont elles aussi signé l’appel des coquelicots ces derniers mois. Nantes, sixième plus grande ville de France, est la 52e municipalité à rejoindre le mouvement. Un vote qui revêt un poids symbolique fort, mais pas seulement. Soutien aux victimes intoxiquées par les pesticides, accompagnement des agriculteurs dans le changement de leurs pratiques, information et sensibilisation des citoyens, protection des sols et de l’eau… Le texte adopté contient une série d’actions concrètes à mettre en œuvre.

Thomas Quero, élu de la majorité et adjoint au maire, reconnaît tout de même que le vœu ne se situe pas « au cœur des compétences de la ville ». « La métropole a beaucoup plus de pouvoir en la matière que la municipalité, opine Didier, membre du collectif Nantes veut des coquelicots. Désormais, nous souhaitons porter ce projet auprès de Nantes métropole. Johanna Rolland [maire de Nantes et présidente de Nantes métropole] s’est engagée à présenter le vœu en conseil métropolitain. Le prochain a lieu la semaine prochaine, mais nous ne savons pas encore si ce sera à l’ordre du jour. » Affaire à suivre, donc.

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En attendant, les habitants de Nantes ont pu faire la connaissance de la « grande semeuse », une marionnette géante de quatre mètres de haut, « la seule à pouvoir tenir tête à la grande faucheuse des pesticides ». Si leur pétition « Nous voulons des coquelicots » a déjà recueilli plus de 700 000 signatures, les militants du collectif ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Objectif ? 5 millions de signataires en deux ans.


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