Prisons : violences à huis clos

L’Observatoire international des prisons publie un rapport sur les violences subies par les détenus de la part du personnel pénitentiaire. Un état des lieux alarmant.

Là, un surveillant avoue « uriner sur le plateau des médicaments destinés aux détenus ». Ici, un chef d’établissement pénitentiaire qui se dit « incapable de dire le nombre de circonstances où [il a] été confronté à des allégations de violences commises par des personnels pénitentiaires tellement il est conséquent ». Là encore, un proche relate : « Mon frère a été frappé et insulté par des surveillants qui ont appris je ne sais comment son homosexualité. » Un surveillant interpelle : « Vous connaissez la formule magique ? “Nous avons utilisé la force strictement nécessaire.” Vous mettez tout dedans, c’est ça qui est magique. Mais le “strictement nécessaire”, c’est du pipeau. » « Combien de fois, rapporte un agent pénitentiaire, j’ai assisté à une intervention où les personnels sont sur un type, il a été maîtrisé, il est au sol, on est en train de le menotter, tout se passe “bien”, les menottes sont passées, les entraves, et là vous avez un agent qui arrive et qui lui donne un coup dans les côtes ? » Ici, enfin, c’est un détenu qui souffre de troubles psychologiques, rossé par plusieurs matons dans la cellule d’un quartier disciplinaire.

Régulièrement, l’Observatoire international des prisons (OIP) reçoit des témoignages dénonçant les violences subies de la part des personnels pénitentiaires. Face à la récurrence des récits, l’association a mené douze mois d’investigation pour la rédaction de ce rapport de 114 pages, sans concession, alliant une centaine de témoignages, pour beaucoup sous couvert d’anonymat, de personnes détenues, mais aussi de soignants, d’avocats et de membres de l’administration pénitentiaire (chose extrêmement rare)… L’OIP s’est concentré sur les violences physiques, sans minimiser l’existence d’autres formes de violences carcérales. Brimades, intimidations, abus de pouvoir, insultes… Il ne s’agit pas non plus, dans ce rapport, de nier la réalité des agressions commises par des détenus à l’encontre du personnel pénitentiaire. Mais, si celles-ci sont souvent médiatisées, les autres semblent faire l’objet d’un déni collectif.

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