ADP : Le caillou dans la chaussure de Macron

La campagne pour le référendum sur la privatisation d’Aéroports de Paris contrecarre les plans élyséens. Elle gèle, de fait, la mesure, mais fédère aussi ses opposants au nom de la démocratie.

Info ou intox ? « La privatisation d’Aéroports de Paris (ADP), c’est fini », affirme Le Canard enchaîné (26 juin). « En privé, Emmanuel Macron ne cache pas qu’elle est devenue impossible », poursuit le palmipède, qui rapporte que le Président aurait confié à ses visiteurs qu’« elle n’est pas comprise par l’opinion ». Pour autant, apprend-on, l’Élysée et Bercy refuseraient de « communiquer publiquement sur cette reculade » au prétexte, répéterait le chef de l’État à ses troupes, qu’il faut que la procédure de référendum d’initiative partagée (RIP) aille « jusqu’au bout » sans donner l’impression de mépriser les Français signataires de la demande de référendum.

Ainsi donc, deux semaines seulement après le lancement d’une procédure qui doit durer neuf mois et recueillir 4,7 millions de signatures d’électeurs pour aboutir, Emmanuel Macron renoncerait à privatiser ADP, un des principaux opérateurs aéroportuaires mondiaux avec 3,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017 ? Pour les parlementaires à l’initiative de cette procédure, l’indiscret du Canard, corroboré par aucune autre source, ressemble à une manœuvre destinée à démobiliser les électeurs susceptibles d’appuyer la demande de référendum pour empêcher que les infrastructures stratégiques gérées par ADP dans une situation de monopole de fait ne tombe aux mains du privé. Vrai ou faux, il traduit l’embarras de l’exécutif face à une contestation aussi inédite qu’imprévue.

L’activation de la procédure du RIP par quelque 250 parlementaires allant de La France insoumise aux Républicains est une épine dans le pied du gouvernement, qui avait réussi à faire voter par sa majorité la privatisation d’ADP dans le cadre de la loi Pacte, adoptée le 11 avril. L’exécutif a d’abord espéré, à tort, que la procédure serait invalidée par le Conseil constitutionnel.

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