Avignon in : Au large de l’Europe

Au programme au Festival d'Avignon cette année, des odyssées de partout, avec une attention particulière pour l’Europe, qui portent l’idéal d’un monde plus juste, « d’un rapport au monde plus sain, d’une parole mieux partagée ».

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


La 73e édition du Festival d’Avignon (4-23 juillet) met Homère à l’honneur. Au programme, des odyssées de partout, avec une attention particulière pour l’Europe, qui portent l’idéal d’un monde plus juste, « d’un rapport au monde plus sain, d’une parole mieux partagée », écrit dans son édito Olivier Py, directeur de la fameuse manifestation théâtrale. Avec une distribution rassemblant des célébrités telles qu’Emmanuelle Béart, Audrey Bonnet, Stanislas Nordey et Denis Podalydès, Architecture de Pascal Rambert donne le coup d’envoi de ces traversées dans la Cour d’honneur du Palais des papes.

Mis en scène par Clément Bondu, qui leur a composé un rituel théâtral contemporain dans lequel il convoque les fantômes de l’Europe, quatorze comédiens de l’École supérieure d’art dramatique de Paris prennent le relais (voir ici). De même que la metteuse en scène brésilienne Christiane Jatahy, partie à la rencontre d’exilés pour construire Le présent qui déborde – Notre Odyssée II. Dans Points de non-retour [Quais de Seine], Alexandra Badea explore des blessures plus anciennes mais guère encore refermées : celles qu’a causées le massacre des Algériens du 17 octobre 1961 à Paris.

Entre deux épopées, on pourra découvrir la très libre variation autour du Blanche-Neige de Grimm imaginée par Michel Raskine et Marie Dilasser, ou encore le conte documentaire La République des abeilles de Céline Schaeffer : une adaptation d’un texte de Maurice Maeterlinck, Pelléas et Mélisande, que Julie Duclos met en scène. Avec Histoire(s) du théâtre II, le chorégraphe congolais Faustin Linyekula nous replonge dans les méandres du passé : celui du Zaïre et du régime dictatorial de Mobutu. Tandis que Kirill Serebrennikov rend hommage dans Outside au photographe et poète chinois Ren Hang. Pour dire sa liberté malgré tout.


La Chartreuse en fête

Depuis quarante-six ans, la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon vit au rythme du Festival d’Avignon. Centre national des écritures du spectacle, reconnu en 2019 par le ministère de la Culture comme lieu de référence pour les écritures dramatiques issues de la francophonie, elle offre du 5 au 23 juillet un bel aperçu de ses activités à l’année. De résidences d’auteurs et de son travail pour faire reconnaître l’importance du texte dans la création contemporaine. À travers vingt-cinq lectures de textes pour la plupart inédits et un rassemblement organisé sur trois jours par les États généraux des écrivaines et écrivains de théâtre (EGEET), Les Rencontres d’été de la Chartreuse sont une fenêtre sur un champ foisonnant.


Haut de page

Voir aussi

Articles récents