Avignon off : Une bombe sociale

Désintégration, d’Ahmed Djouder, est un coup de semonce contre l’État français.

Kheireddine Lardjam s’empare du livre d’Ahmed Djouder Désintégration (Stock, 2006). Le nom de cet auteur pourrait figurer de façon plus explicite sur les documents présentant le spectacle : il est à peine visible. Mais il est vrai que Lardjam compose un spectacle en deux temps dont la première partie s’inspire moins de l’ouvrage de Djouder. Premier temps : les Français issus de l’immigration se moquent d’eux-mêmes. Deuxième temps : coup de semonce contre la manière dont l’État français a traité cette nouvelle richesse de sa population.

Durant la première partie, une série de personnages apparaissent tour à tour sur des mini-scènes : religieux intraitable, jeune mariée le jour de ses noces… Le plus percutant est un dialogue sur le sexe : un massage pratiqué par un homme sur un autre homme révèle une sexualité inavouée. Jusque-là, le spectacle est tempéré.

Au début de la seconde moitié, les acteurs se placent derrière un rideau en corde et les paroles deviennent des coups de tonnerre. Ils disent l’essentiel de ce qu’a écrit Ahmed Djouder et qui, depuis la publication du livre, affirme une voie radicale dans l’analyse des Français issus de l’immigration et invités par les instances publiques à s’intégrer. « L’intégration, on n’en veut pas », disent les personnages à la suite de l’auteur. Ce qui est violent sur une page blanche l’est plus encore au théâtre. Cela frappe comme la foudre.

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