« L’affaire Adama Traoré est devenue politique »

Trois ans après la mort de son frère dans un commissariat, Assa Traoré construit des alliances avec tous ceux qui témoignent des violences de la police et de l’État.

Vanina Delmas  • 17 juillet 2019 abonné·es
« L’affaire Adama Traoré est devenue politique »
© photo : Assa Traoré, la pierre angulaire de cette famille élargie.crédit : KENZO TRIBOUILLARD/AFP

A dama. 2016, notre vie a basculé. 2017, nos vies brisées à jamais. 2018, soldats malgré nous. 2019, toujours aussi combatifs. Depuis ta mort, Bagui, Yacouba, Youssouf, Samba et Cheikne sont emprisonnés et condamnés par le tribunal de Pontoise. Une pensée particulière à nos soutiens qui nous accompagnent depuis le début. Le combat continue pour toi Adama, que Justice soit faite, pour tous les Adama. » Publié le 1er janvier 2019 sur la page Facebook La vérité pour Adama, ce message incarne la philosophie de la famille Traoré et de ses soutiens depuis trois ans. Depuis la mort d’Adama Traoré, le 19 juillet 2016, dans la cour de la gendarmerie de Persan, après son interpellation à Beaumont-sur-Oise, le jour de ses 24 ans. Dès l’annonce de son arrestation, la famille Traoré s’est lancée dans un combat pour la vérité : un de ses frères a dû mettre un pied dans la porte de la gendarmerie pour apprendre la mort d’Adama. Puis, ils ont dû forcer les autorités à effectuer une seconde autopsie, dénoncer les conclusions du procureur Yves Jannier, qui réfutait « toutes traces de violences », obtenir le dépaysement de l’affaire à Paris, ne pas céder face aux expertises médicales qui n’ont jamais les mêmes conclusions : maladie cardiaque, « infection très grave », alcool, drogue, sarcoïdose, drépanocytose…

En décembre dernier, la famille finance une expertise indépendante, juste à temps pour relancer le dossier que les juges allaient clore. « Pour la première

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Master Poulet : à L’Après M de Marseille, « il faut arrêter d’utiliser la nourriture pour stigmatiser »
Reportage 12 mai 2026 abonné·es

Master Poulet : à L’Après M de Marseille, « il faut arrêter d’utiliser la nourriture pour stigmatiser »

La polémique autour de l’ouverture d’un Master Poulet à Saint-Ouen, contestée par le maire Karim Bouamrane (PS), a charrié des enjeux à l’intersection entre classe sociale, racisme et géographie de territoire. Un sujet qui résonne à L’Après M, restaurant solidaire dans les quartiers nord de Marseille.
Par Zoé Cottin
Fin de vie : le Sénat abrège les débats sur l’aide à mourir
Loi 12 mai 2026 abonné·es

Fin de vie : le Sénat abrège les débats sur l’aide à mourir

Les parlementaires ont voté contre l’article sur lequel reposait « l’assistance médicale à mourir », une version plus restrictive du texte adopté à l’Assemblée nationale. Laquelle sera, dorénavant, seul maître à bord du texte.
Par Hugo Boursier
Des hymnes à Pétain aux néonazis dans la rue : le long week-end de la honte
Parti pris 11 mai 2026

Des hymnes à Pétain aux néonazis dans la rue : le long week-end de la honte

Toute la fin de la semaine, le Rassemblement national et les groupuscules d’extrême droite ont donné à voir leur réécriture dangereuse et génocidaire de l’histoire. Dans leurs villes ou dans la rue, leur haine explicite n’a fait que souligner la compromission des autorités.
Par Olivier Doubre
À Paris, la marche néonazie du C9M reste interdite
Extrême droite 8 mai 2026

À Paris, la marche néonazie du C9M reste interdite

Le tribunal administratif a rejeté la levée d’interdiction demandée par les organisateurs du C9M, une marche néofasciste en hommage à un militant mort le 9 mai 1994.
Par Hugo Boursier