Dossier : Niger, Guinée, Mali : Ex-démocrates, néo-autocrates

Niger, Guinée, Mali : Le temps des démocratures

Le constat est amer dans ces trois pays d’Afrique de l’Ouest, où des dirigeants qui furent portés au pouvoir par des mouvements démocratiques se sont transmutés en apprentis autocrates.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Certains diront que l’économie, le sous-développement, la pression des bailleurs et le poids des investisseurs étrangers musellent et écrasent leurs généreux idéaux. Ce serait avouer que leur combat contre les régimes dictatoriaux et prédateurs qui les ont précédés a été vain. Nul ne doute qu’il est compliqué de plier le bras à une multinationale, surtout s’il est musclé par la diplomatie de l’ex-puissance coloniale. Cependant, pourquoi ces chefs d’État élus sur une promesse démocratique ne s’appuient-ils pas, dans cette lutte, sur le syndicaliste qui s’insurge, le média qui dénonce ? Et préfèrent emprisonner l’un, fermer l’autre ? En Afrique, le combat est inégal contre les forces à l’œuvre pour exploiter, dominer, soumettre, mais il le serait moins si les sociétés et les pouvoirs étaient à l’unisson pour s’y opposer. Le constat est d’autant plus amer dans ces trois pays d’Afrique de l’Ouest – Niger, Guinée, Mali – où des régimes autoritaires et corrompus ont été renversés par de puissants mouvements démocratiques, désormais confisqués par des dirigeants qui furent progressistes, transmutés aujourd’hui en apprentis autocrates.


Haut de page

Voir aussi

Articles récents