Sept raisons de refuser la privatisation d'ADP

Si le gouvernement a peu d’arguments pour justifier la cession des aéroports, les opposants, eux, en ont beaucoup.

Avec 480 300 soutiens recensés par le Conseil constitutionnel au 1er juillet, le référendum contre la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP) est bien parti. S’il importe de ne surtout pas relâcher l’effort, les très nombreuses raisons de refuser ce nouveau bradage d’un « bijou de famille » devraient permettre d’atteindre, le 13 mars prochain, les 4 717 396 signatures requises pour contraindre le gouvernement à soumettre cette privatisation à référendum ou à renoncer à son projet.

Un coup d’arrêt aux privatisations. Cet argument politique est avancé par nombre d’opposants qui rêvent, avec ce référendum d’initiative partagée (RIP), d’obtenir une victoire sur Emmanuel Macron. « Empêcher la privatisation d’ADP, c’est stopper l’abandon au secteur privé de notre économie voulu par Macron au profit de ses amis des multinationales et de la finance », écrit ainsi l’association Attac, persuadée qu’un succès empêcherait le gouvernement de concrétiser les « autres projets [qu’il a] sous le coude comme les barrages et les ports ».

Une question de souveraineté. ADP est notre première frontière avec l’étranger. Ses aéroports parisiens voient passer chaque année 105,3 millions de passagers. Comment imaginer privatiser une frontière ? Même aux États-Unis, le contrôle des grandes plateformes aéroportuaires reste public en raison de leur caractéristique d’infrastructure d’intérêt général au service de l’aménagement du territoire.

Un enjeu écologique. En Île-de-France, le groupe ADP, c’est trois aéroports (Paris-Charles de Gaulle, Paris-Orly, et Paris-Le Bourget), un héliport (Issy-les-Moulineaux) et dix aérodromes (1), soit 6 680 hectares de bâtiments, de terrains, de pistes et d’infra-structures. Ou encore l’équivalent des deux tiers du territoire de la ville de Paris. « Si Aéroports de Paris est privatisé, ça va probablement devenir la plus grande propriété privée de France sur laquelle on pourra bétonner et kéroséniser », craint l’historien et politologue Patrick Weil (2), cofondateur de l’Association pour le référendum ADP, pour qui ce serait « donner des armes [à nos] ennemis » dans la « guerre mondiale contre le réchauffement de la planète ».

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