La jeunesse basque, ferment de luttes

Huit ans après l’abandon de la lutte armée par ETA, une nouvelle génération de militants de gauche a pris la relève, très active politiquement et culturellement.

Romain Haillard  • 28 août 2019 abonné·es
La jeunesse basque, ferment de luttes
© photo : « G7 EZ », ici à Hendaye, « G7 NON » en langue basque.crédit : Romain Haillard

Dans la cour d’une école d’Hendaye, en surplomb du petit port de Caneta, Unai Arkauz s’agite. Un collier de barbe et une casquette encadrent le visage imperturbable de ce militant chevronné. Il a participé à la fondation d’Aitzina – organisation des jeunes abertzale (« patriote » en basque) de gauche du Pays basque Nord. Le regard impassible mais alerte, il marche à vive allure sans jamais s’arrêter. « Y a-t-il un traducteur français-basque pour un atelier ? » « Et le journaliste avec sa caméra, là, il a une accréditation ? » Entre deux problèmes à régler, l’indépendantiste se pose pour griller une cigarette. « Le G7 est un tsunami, il faut surfer dessus », lance-t-il avec un sourire en coin, les yeux abrités par son couvre-chef qu’il ne quitte jamais. Le jeune homme de 25 ans s’enthousiasme : « Le contre-sommet a été l’occasion de rassembler la jeunesse basque en lutte, de trouver un second souffle. » Ce souffle a un nom, il flotte à la gauche d’Unai sur une bannière en lettres rouges, « Gazte Gunea », l’espace des jeunes, la relève, le sel du pays.

« Certains parmi nous ne parlent pas

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

Loana Petrucciani : l’exploitation des femmes pauvres par la téléréalité est un spectacle mortel
Analyse 27 mars 2026 abonné·es

Loana Petrucciani : l’exploitation des femmes pauvres par la téléréalité est un spectacle mortel

L’histoire de la première vedette française de télé-réalité rappelle ce que la notoriété fait aux femmes : elle les tue, réellement ou symboliquement, comme pour expier la misogynie d’une société entière.
Par Nesrine Slaoui
« Il fallait que Loana meure pour qu’on en parle vraiment »
Entretien 27 mars 2026 abonné·es

« Il fallait que Loana meure pour qu’on en parle vraiment »

Le décès de Loana Petrucciani ravive un malaise collectif longtemps tu. L’essayiste Rose Lamy décrypte comment le mépris de classe a façonné la trajectoire d’une femme déplacée dans un monde qui ne voulait pas vraiment d’elle.
Par Juliette Heinzlef
« L’Union européenne et ses États membres rêvent de camps pour des dizaines de milliers de personnes »
Entretien 26 mars 2026 abonné·es

« L’Union européenne et ses États membres rêvent de camps pour des dizaines de milliers de personnes »

Marie-Laure Basilien Gainche, professeure de droit public analyse en quoi le règlement « Retour » voté aujourd’hui par le Parlement européen bafoue des droits fondamentaux. Pour elle, ces derniers sont perçus « comme des contraintes » par l’Union européenne dans la mise en œuvre de ses politiques d’éloignement.
Par Pauline Migevant
« Le 21 mars, à Nanterre, nous marcherons pour Nahel et contre les violences policières »
La Midinale 20 mars 2026

« Le 21 mars, à Nanterre, nous marcherons pour Nahel et contre les violences policières »

Samedi 21 mars, à 14 h 30, une marche pour Nahel et contre les violences policières se lancera depuis les abords du lycée Joliot-Curie à Nanterre. Après la requalification du meurtre en violences (mais avec le pourvoi en cassation du parquet), Mornia Labssi, militante antiraciste et co-organisatrice de la marche, est l’invitée de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien