Le Parti socialiste, ce grand convalescent

Le PS a changé : tel est le message que sa nouvelle direction a voulu délivrer à La Rochelle, où elle organisait sa première université d’été depuis 2015.

Les socialistes y croient à nouveau. Du moins ceux qui, le week-end dernier, étaient à La Rochelle. Après trois ans d’absence, le Parti socialiste y tenait à nouveau son université d’été autour d’un mot d’ordre dans l’ère du temps puisqu’il était question d’y définir « un avenir écologique et social ». Dimanche midi, au terme d’un brunch organisé à La Belle du Gabut au cours duquel les militants ont pu interroger, parfois interpeller, leur premier secrétaire, Olivier Faure, et les secrétaires nationaux présents à ses côtés sur la petite scène de ce tiers-lieu saisonnier décoré par des graffeurs, tous se sont levés à l’appel de Danièle Hoffman-Rispal. La voix éraillée, cette ancienne députée de Paris qui revendique « quarante ans de parti » s’était emparée du micro, pour leur demander d’applaudir à « la renaissance » du PS : « Je l’attends depuis longtemps, elle est là, à La Rochelle. »

« Le temps de la morosité n’est plus de saison », avait lancé la veille Olivier Faure, dans son discours de clôture. Un peu auparavant, lors d’un déjeuner avec les rares journalistes présents, le patron du PS s’était félicité du « formidable résultat » de ce rendez-vous estival repensé dans la forme et rebaptisé pour l’occasion « Campus19 ». Avec moins de séances plénières mais des ateliers de formation sur le b.-a.-ba d’une campagne municipale ou les nouvelles pratiques militantes. Également des formats innovants, comme un « procès de la Ve République » reconnue coupable à l’issue d’un vote, ou cette « agora » installée sur le parvis de l’espace Encan et « ouverte aux Rochelais et aux touristes », qui accueille des débats sur la démocratie participative, la santé, le réchauffement climatique ou l’école.

Et les militants ont répondu présent. Les organisateurs en annoncent 2 000 sur l’ensemble du week-end. C’est au bas mot deux fois moins que dans les années où le PS dominait la gauche, mais après une élection européenne décevante (6,19 %) qui n’a enregistré aucun redressement après le crash de la présidentielle (6,36 %), cette fréquentation satisfait Olivier Faure, qui pointe une autre « surprise » : un cinquième d’entre eux ont moins de trente ans. Signe d’un renouvellement qui touche aussi très largement les intervenants, pointe-t-il, puisque « plus de la moitié ne sont jamais venus à La Rochelle ».

Le patron du PS avance un autre motif de satisfaction : « Il y a un an, le parti était encore isolé à gauche. J’avais appelé à des “combats communs”, mais personne n’avait répondu à cette invitation. » Depuis, des batailles comme celles contre les pesticides ou la privatisation d’ADP ont rapproché la gauche. « Tout a changé, veut-il croire. Il y a un an, il n’y avait aucun intervenant extérieur à nos rangs ; aujourd’hui toutes les formations sont représentées » dans les débats du Campus19. De La France insoumise à l’Union des démocrates et écologistes (UDE) en passant par EELV et Génération·s, qu’importe si ces formations n’étaient pas représentées par leurs dirigeants de premier plan, Olivier Faure y voit l’indice, avec la présence de responsables d’ONG, d’associations et de syndicats, que le PS a « retrouvé une audience, un intérêt pour l’extérieur ».

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