Amazonie : Les enfumeurs de la déforestation
Alors que la forêt brésilienne recule à nouveau fortement depuis l’arrivée au pouvoir de Bolsonaro, les pays occidentaux feignent d’ignorer la responsabilité de leurs politiques agro-industrielles.
dans l’hebdo N° 1567 Acheter ce numéro

Jamais les nouvelles alarmistes de la déforestation en Amazonie n’avaient provoqué à l’étranger des réactions officielles aussi promptes. À l’annonce, fin août, d’un quasi-doublement en un an du nombre de foyers embrasant le plus important massif tropical de la planète, le G7 réuni à Biarritz débloque une enveloppe de 20 millions d’euros et une polémique enfle autour de la responsabilité du président brésilien, Jair Bolsonaro, qui a fait sauter les verrous de protection de l’Amazonie.
Pour autant, certains politiques semblent simultanément découvrir les données du problème. Le 27 août, Élisabeth Borne est interrogée par France Inter sur l’appel de Yannick Jadot, chef de file d’Europe écologie-Les Verts (EELV), à un embargo sur le soja transgénique brésilien. Pour la ministre de l’Écologie, « on mélange différents sujets : les OGM ne sont pas autorisés en Europe, ils ne le sont pas aujourd’hui, ils ne le seront pas demain ». Méconnaissance du sujet, visiblement. Mais est-ce un hasard ? La cécité des politiques agricoles française et européenne au regard de leurs impacts écologiques hors des frontières de l’Union est savamment entretenue depuis de décennies.
Les incendies qui enfument la forêt amazonienne ne sont que rarement accidentels, il s’agit d’une pratique classique et peu coûteuse de « nettoyage » de la végétation