Climat : le rapport de force

Des millions de jeunes dans la rue, des convergences avec les luttes sociales, une radicalisation croissante : le mouvement climatique pèse de plus en plus sur les décideurs.

Le président Macron a quelque peu perdu son sang-froid. Lundi 23 septembre, en route vers le sommet sur le climat organisé par les Nations unies à New York, il a sèchement tancé les jeunes en grève scolaire « pour le climat », suivie par plus de 4 millions de personnes trois jours plus tôt à travers le monde. Il les préférerait dans l’action collective, par exemple, « que tous les vendredis on fasse de grandes opérations de ramassage sur les rivières ou les plages corses ». Alors qu’en 2018 la France a dépassé de 4,5 % son budget d’émission de CO2 par rapport à ses engagements, il désigne sa cible : « Qu’ils aillent manifester en Pologne ! » Le pays charbonnier fait obstacle à l’adoption d’un agenda « zéro carbone en 2050 » par l’Union européenne. Il y a six mois, un Macron condescendant demandait aux jeunes rencontrés dans le cadre du « grand débat » de « l’aider à mener la bataille climatique ». Il faut croire qu’il n’a pas réussi à les convaincre de sa bonne foi.

La pression monte sur les politiques un peu partout dans le monde, alors que le mouvement climatique est parvenu, en l’espace d’une année, à construire un rapport de force inédit. En France, la coïncidence n’est pas fortuite : fin août 2018, c’est au moment où Nicolas Hulot démissionne du gouvernement, reconnaissant son impuissance à en faire bouger significativement la politique en faveur de l’écologie, que les mobilisations climatiques prennent une ampleur nouvelle. Les protestataires qui battent le pavé par dizaines de milliers ne sont, pour la plupart, encartés dans aucune organisation. L’émergence des gilets jaunes en novembre 2018, loin de cliver les luttes, approfondit concrètement la prise de conscience qu’urgence sociale et urgence climatique sont deux facettes d’une même crise systémique : « Fin du monde et fin du mois, même combat ». Début 2019, les mobilisations s’amplifient spectaculairement avec l’entrée en scène inattendue des jeunes, qui suivent, d’abord en Europe puis un peu partout dans le monde, l’appel de la jeune Suédoise Greta Thunberg à faire « la grève de l’école pour le climat » tous les vendredis.

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