Nathacha Appanah : L’île des enfants terribles

Dans Le Ciel par-dessus le toit, Nathacha Appanah imagine à partir de la tragédie de son île Maurice natale une fable tragique à la beauté de marée noire. Où l’enfance se noie.

L’enfance, chez la Mauricienne Nathacha Appanah, est une île. Solitaire, incomprise et à la dérive, elle cristallise les grands problèmes de la terre natale de la romancière, et plus largement de l’océan Indien. Elle en est le prisme d’observation privilégié. Une sorte de miniature où la pauvreté et la quête des origines prennent des formes particulières, très animales. Presque monstrueuses.

On avait quitté cette auteure avec Tropique de la violence, où elle dressait d’une manière quasi-documentaire le sombre portrait d’une jeunesse mahoraise livrée à elle-même. D’une enfance déjà abîmée par la drogue, noyée dans l’alcool. Elle revient avec un récit qui s’ouvre par « Il était une fois », mais dont l’épigraphe est un écrou de la maison d’arrêt de C., qui place l’ensemble sous le signe de l’authentique. De la tragédie vécue.

Si la terre se dérobe dans Le Ciel par-dessus le toit, le récit aussi. Il emprunte des sentiers étranges, où l’horreur se mêle au merveilleux. Dans « un pays qui avait construit des prisons pour enfants parce qu’il n’avait pas trouvé mieux que l’empêchement, l’éloignement, la privation, la restriction, l’enfermement […] pour essayer de faire de ces enfants-là des adultes honnêtes, c’est-à-dire des gens qui filent droit », il était donc une fois Loup.

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