Une rentrée en trompe-l’œil

Revalorisations pour les enseignants, plan violence, écologie et handicap : Jean-Michel Blanquer joue l’apaisement mais continue d’imposer ses réformes libérales au pas de charge.

Ingrid Merckx  • 4 septembre 2019 abonné·es
Une rentrée en trompe-l’œil
© photo : Dans une école de Clichy-la-Garenne, le 2 septembre, jour de la rentrée des classes.crédit : Bertrand GUAY/POOL/AFP

Jean-Michel Blanquer est rusé. Après le test raté de la « confiance » à la rentrée 2018, le ministre de l’Éducation a placé la rentrée 2019 sous le signe des « ressources humaines ». Objectif : calmer la colère des enseignants qui a jalonné la précédente année scolaire pour culminer en grèves de la surveillance et de la correction du bac en juin. Nombreux sont partis en vacances avec un nœud dans le ventre que seule, ou presque, la perspective de mobilisations à la rentrée promettait de dénouer. Jean-Michel Blanquer tente donc une autre approche : aucun recul sur les réformes (celle du bac s’appliquera dès la rentrée pour les élèves entrant en première), mais des mesures qui ambitionnent de désamorcer la grogne selon la stratégie « vous perdez sur tel plan mais vous gagnez sur tel autre ». Il a notamment appelé à « tourner la page de la crise du bac ».

Arrive en tête la volonté du ministre de « revaloriser la profession », ce qui passe en premier lieu par une augmentation moyenne du salaire annuel de 300 euros (laquelle avait été négociée et validée sous le quinquennat Hollande) et le doublement de la prime de 1 000 euros pour tous les personnels en réseau d’éducation prioritaire renforcée (REP+), sauf les assistants d’éducation, ce qui doit concerner environ 4 % des enseignants. Arrivent ensuite des mesures portant sur la scolarisation des enfants handicapés, la prise en compte des enjeux climatiques et le plan violence attendu depuis un an. Reste à vérifier si chacune coïncide avec les attentes des enseignants et des parents. Celle concernant le plan violence promet par exemple des exclusions rapides des « éléments perturbateurs »,

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 9 minutes

Pour aller plus loin…

65 ans après le massacre du 17 octobre 1961, la même police
Colonialisme • 16 octobre 2026

65 ans après le massacre du 17 octobre 1961, la même police

Ces dernières semaines, les mobilisations lycéennes ont été marquées par de fortes répressions. 65 ans après le massacre du 17 octobre 1961, les pratiques de la police continuent de porter les traces de son histoire coloniale.
Par Kamélia Ouaïssa
À Saint-Avold, les gilets jaunes reprennent le rond-point
Reportage • 14 octobre 2026 abonné·es

À Saint-Avold, les gilets jaunes reprennent le rond-point

Depuis les premiers jours de la mobilisation lycéenne, une date est très attendue : celle du retour annoncé des gilets jaunes le 17 octobre. Une journée d’action lancée début septembre sur les réseaux sociaux pour protester notamment contre l’augmentation du prix de l’essence et du coût de la vie.
Par Céline Martelet
Mouvement lycéen : des aînés « fiers » et « admiratifs »
Luttes • 14 octobre 2026

Mouvement lycéen : des aînés « fiers » et « admiratifs »

Les lycéen·nes trouvent aussi du soutien parmi les militant·es engagé·es de longue date dans diverses luttes, qui accompagnent ce combat de la jeunesse avec un espoir renouvelé.
Par Kamélia Ouaïssa
Derrière les lycéen·nes, « la daronnerie est en colère »
Analyse • 14 octobre 2026 abonné·es

Derrière les lycéen·nes, « la daronnerie est en colère »

Depuis bientôt un mois, les lycéen·nes qui luttent pour leur avenir mènent un mouvement social de grande ampleur pour exiger notamment de meilleures conditions d’apprentissage. Dans leur sillage, et face à la répression qu’ils et elles subissent, des parents se mobilisent à leurs côtés. Certains sont organisés en collectif.
Par Pauline Migevant et Kamélia Ouaïssa