Canada : Le climat ou les hydrocarbures ?

Tous les candidats aux élections fédérales du 21 octobre ont inclus un plan environnemental dans leur programme. Mais le développement économique et les emplois restent les enjeux décisifs.

Ils étaient 500 000 à marcher dans les rues de Montréal le 27 septembre. C’est le plus gros rassemblement de l’histoire du Québec. Des grèves ont eu lieu à travers tout le pays dans 97 villes. Au-delà des étudiants, la mobilisation a réuni les syndicats, les scientifiques et les autochtones, mais aussi les politiques en campagne pour les élections fédérales du 21 octobre. Elizabeth May, candidate du Parti vert, Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Yves-François Blanchet, du Bloc québécois, et le Premier ministre libéral sortant, Justin Trudeau, se sont joints au mouvement de Montréal.

Tous, donc, sauf Maxime Bernier et Andrew Scheer. Le premier, chef du Parti populaire, estime que le CO2 est de la « nourriture pour les plantes ». Le second est le candidat du Parti conservateur et le concurrent de Justin Trudeau dans les sondages. Lui veut bien répondre à l’urgence climatique, mais ne propose pas de plan concret pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C.

Si tous les partis intègrent l’environnement dans leurs discours, les programmes peinent à convaincre. « Des choses intéressantes sont sur la table, mais suffiront-elles à atteindre nos objectifs ? », se demande Maya Jegen, spécialiste des politiques énergétiques à l’université du Québec à Montréal. En témoigne le bilan de Justin Trudeau, qui avait un discours environnementaliste en 2015. À l’aube de la COP 21, alors que le climat devenait un enjeu au Canada, il promettait la réduction de 30 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici à 2030 par rapport à 2005. Elles ont baissé de 2 % depuis. Autre déception, l’achat de l’oléoduc Trans Mountain au printemps 2019. Il reliera l’Alberta au Pacifique pour désenclaver cette province en difficulté depuis la chute du prix du pétrole. Un geste insuffisant pour les Albertains et une traîtrise pour les régions moins pétrolières.

© Politis

Cette année, Justin Trudeau s’est entouré de Steven Guilbeault, cofondateur d’Équiterre, un organisme environnemental québécois. « Ce candidat vedette [dans la circonscription de Laurier-Sainte-Marie, à Montréal, NDLR] est pressenti comme ministre de l’Environnement, ce qui rappelle Nicolas Hulot en France », détaille Bertrand Schepper, chercheur à l’Institut de recherches et d’informations socioéconomiques (Iris). Fort de cette caution militante, Trudeau vise la neutralité carbone en 2030. « Ça ne veut pas dire qu’on va réduire les émissions, mais qu’elles seront compensées par la plantation d’arbres, par exemple », explique Bertrand Schepper. Pour atteindre ces objectifs, Ottawa a instauré une taxe carbone pour toutes les provinces qui n’en possédaient pas déjà. La tonne de CO2 coûte aujourd’hui 20 dollars (13,50 euros). « Elle devra être au moins doublée pour être efficace », selon Maya Jegen.

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