Ferme de Sainte-Marthe : Le bon grain de l’ivraie
Le combat pour les semences paysannes libres s’inscrit dans celui de la préservation des sols. Une lutte de longue haleine, notamment en France, loin d’être terminée. Reportage à la Ferme de Sainte-Marthe, en Anjou.
dans l’hebdo N° 1574 Acheter ce numéro

Sous les grandes serres, les petites courges attendent patiemment d’être récoltées. Quelques rangées plus loin, les aubergines blanches et les poivrons cohabitent sereinement. « Ces légumes ne sont pas de la même espèce, donc ils peuvent pousser ensemble, mais nous ne mettons qu’une seule variété par serre pour éviter les croisements, et le filet empêche les pollinisateurs de toute sorte d’entrer », explique Dominique Velé, codirecteur de la Ferme de Sainte-Marthe. Entre Angers et Saumur, au lieu-dit Les Landes, onze hectares de terres en bio voient pousser des légumes sous la douceur angevine. Mais leurs graines sont le véritable trésor des lieux.
Dominique Velé et Arnaud Darsonval poursuivent la tradition de la ferme historique de Sainte-Marthe, installée à Millançay, en Sologne. Dans les années 1970, Philippe Desbrosses, l’un des pionniers français de l’agriculture biologique, hérite de la ferme familiale et prend conscience de la perte de biodiversité et de la mainmise de quelques gros semenciers sur le vivant. Comme pare-feu naturel à ce monopole, il propose des semences libres de