Dossier : SNCF : Au bord de la falaise libérale

SNCF : La privatisation en bonne voie

La SNCF se prépare à l’ouverture à la concurrence. Un chantier colossal et douloureux pour ce géant qui emploie 260 000 personnes.

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Le 1er janvier 2020, la SNCF n’embauchera plus au statut de cheminot, essuiera les plâtres d’une architecture entièrement revue et accélérera les grands travaux sociaux qui doivent la préparer à l’ouverture à la concurrence, effective pour les voyageurs à partir de décembre 2020. Un chantier colossal et douloureux pour ce géant qui emploie 140 000 personnes sur tout le territoire (260 000 en comptant les filiales).

Ce basculement sonne aussi l’heure de vérité dans un débat qui oppose les adeptes d’une concurrence souvent artificielle aux défenseurs d’un service public fragilisé et ringardisé depuis des décennies. Une bataille perdue par la gauche, les cheminots, et demain par les usagers ? Le réseau saturé et vieillissant sera en tout cas passé au crible d’une logique comptable qui imposera « productivité » et « marges opérationnelles » sur chaque centimètre de voie ferrée. Dans ce contexte, rien ne semble en mesure de pouvoir sauver les petites lignes, les vieilles gares et l’esprit cheminot, qui façonnaient notre rapport particulier au train.

La grande transformation comporte déjà son lot de surprises et prend des airs de revanche contre un corps social remuant et impertinent qui a longtemps donné le la des luttes sociales en France. L’échec de la politique d’ouverture à la concurrence en vue de redresser un fret ferroviaire moribond offre la démonstration qu’en matière de train, avec ou sans concurrence, c’est la volonté politique et l’investissement public qui sont par-dessus tout déterminants. Un ingrédient qui fait du rail français un dossier symptomatique des écueils des politiques libérales, à l’heure où la question climatique s’impose pourtant dans les discours politiques de tous bords.


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