Ladj Ly : « Les Misérables est un film patriote… »

Le premier long métrage de Ladj Ly se veut un film singulier, loin des clichés sur la banlieue, au diapason de son engagement auprès des jeunes.

De la cité des Bosquets au Festival de Cannes, le chemin n’était pas évident. C’est celui que s’est tracé Ladj Ly, qui a grandi dans la cité de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), dont le premier long métrage de fiction, Les Misérables, a remporté le prix du jury en mai dernier. À quelques jours de la (grosse) sortie du film – sur 500 copies –, le cinéaste, accompagné de son coscénariste, Giordano Gederlini, enchaîne les interviews sans paraître pour autant sous pression. Comme si les Bosquets lui avaient transmis pour longtemps une forme de tranquillité. Ce qui ne correspond pas aux clichés, que, justement, il aime à renverser.

Quel est le point de vue du film ?

Ladj Ly : Le film développe plusieurs points de vue. Celui des policiers, mais aussi celui des gamins, des religieux… Dans la -première partie, nous sommes surtout dans le point de vue de Pento/Stéphane (Damien Bonnard), le policier qui débarque de province. C’était important pour moi de commencer le récit de cette histoire à travers le regard du nouveau qui ne connaît pas la cité. Le spectateur peut aisément se mettre à la place de ce personnage pour découvrir l’endroit. Cette immersion, qui dure 40 minutes, est importante aussi parce qu’on parle souvent des quartiers à travers ce qu’en disent les médias ou les politiques. Mais très peu de gens y sont allés, les connaissent vraiment. On prend donc le temps de montrer les lieux, les personnages.

Le point de vue glisse peu à peu vers celui des enfants, en particulier d’Issa (Issa Perica), qui est un peu notre Gavroche. Enfin, à partir du moment où le spectateur a compris comment tout cela marche de l’intérieur, l’intrigue peut démarrer et l’élément déclencheur survient. On dit souvent que, d’un point de vue dramaturgique, l’élément déclencheur doit survenir au bout de cinq minutes… (Rires)

Giordano Gederlini : C’est un choix de scénario un peu spécial, parce que le film n’est pas choral. Il commence comme une chronique, puis on entre dans un entonnoir pour arriver à des scènes d’intérieurs de plus en plus fermés. J’avoue que nous avons emprunté cette structure au film Detroit, de Kathryn Bigelow, qui nous a particulièrement marqués.

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