Les Libanaises mènent la révolte
Depuis le 17 octobre, les femmes sont au premier rang des manifestations massives qui réclament la fin du système confessionnel et le départ de la classe politique, minée par la corruption.
dans l’hebdo N° 1576 Acheter ce numéro

Chaque soulèvement populaire a ses symboles. La France défile en gilet jaune, la Bolivie a ses casques de mineurs, Hongkong s’abrite sous des parapluies et dresse une statue de la « Dame de la liberté ». Au Liban, l’icône est une femme, elle se nomme Malak Alaywe Herz. Son fait d’armes ? Un coup de pied dans les parties génitales d’un garde du corps du ministre de l’Éducation armé d’une Kalachnikov, au premier jour des manifestations dans le centre-ville de Beyrouth. La vidéo a été vue des centaines de milliers de fois, reproduite en pochoir, parfois en tatouage, et immortalisée par le designer libanais Rami Kanso sous la forme d’une illustration, virale elle aussi, représentant le fameux coup de pied suivi de l’inscription : « Attaquons-les ».
« Ce “les” englobe la classe politique et les partis dans leur ensemble. La vidéo a donné l’idée à de nombreuses personnes de casser les barrières », explique par téléphone le designer, qui vit à Londres. Il a réalisé cette illustration en quelques heures, spontanément, dans un sentiment d’impuissance et de frustration vis-à-vis de ses compatriotes mobilisés dans tout le pays. « Après avoir posté cette image, j’ai vite été dépassé par l’ampleur du phénomène. Je pense que les gens ont été touchés