À Marseille, les syndicats sont prêts

Dans une ville habituée aux larges cortèges, les organisations syndicales préparent un mouvement dans la durée.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Francis tient le plan de bataille entre ses mains. Sur sa feuille, le parcours de la manifestation est tracé au feutre noir. Le militant du syndicat Solidaires récapitule devant ses troupes: « Donc départ à 10h30 du vieux port. » L'organisation est déjà bien rodée : une garderie sera mise en place pour permettre aux parents d'aller manifester, et chacun s'est arrangé pour pouvoir venir manifester sans encombre : « On est à Marseille ici, on a des plans B, on s'est débrouillé pour dormir dans le centre », lance l'un des militants. Le syndicat avait même proposé un système de logement solidaire pour les habitants des villes alentours.

Si la journée du 5 sera déterminante, Francis l'avoue : « On prépare déjà l'après.» Dès le lendemain après-midi, les assemblées générales vont se succéder dans tous les corps de métier afin de décider de la reconduite ou pas du mouvement : « Nous tiendrons une AG de coordination pour faire le point sur ce qu'il s'est dit un peu partout. Les actions de vendredi dépendront des initiatives prises par secteur.»

À la Bourse du Travail, l'UD 13 de la CGT n'a qu'un seul objectif : « Retirer le projet de réforme grâce aux blocages. » Après avoir raté le coche de l'assurance chômage, voilà deux mois qu'elles préparent cette mobilisation. Le secrétaire général Olivier Mateu, hausse les épaules: « La paralysie? Il n'y a que ça qu'ils comprennent de toute manière ! » Dans le département, 300 appels à la grève ont été lancés, dont 45 dans le privé. Au moins cent devraient être reconduits. « Une seule journée ne peut pas suffire », avoue Olivier Mateu. « Certains ne s'engageront peut-être que deux heures par jour à des moments clés, d'autres deux jours par semaine, mais on va oœuvrer pour la continuité du mouvement. »

Une nouvelle journée de mobilisation est déjà prévue samedi 7 décembre à l'occasion de la journée de manifestation annuelle pour les chômeurs et les précaires. « Ensuite il y aura une date charnière le 9 après 96 heures... Mais certains ont déjà un programme jusqu'au 12 ou 13. Il va falloir passer cette date.»


Haut de page

Voir aussi

Articles récents