Menaces climatiques : l'ONU et ses agences sonnent le tocsin !

Ces appels désespérés résonnent hélas dans le vide alors que les catastrophes sont imminentes.

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Chacune leur tour, après des silences prudents ou complices face à une communauté internationale qui globalement ne veut plus trop entendre parler des risques climatiques, les Nations unies et ses agences lancent des avertissements inquiets face à la dégradation actuelle et à venir du climat. Les premiers à tenter de secouer les indifférences ont été les responsables du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), basé à Nairobi au Kenya depuis les années 70. À plusieurs reprises, depuis la désastreuse COP 25 de Madrid, le PNUE s’est exprimé sur la dégradation des terres, sur l’effondrement de la biodiversité et la baisse des récoltes. Un avertissement qui a été également repris par la FAO (Food and Agriculture Organisation) dénonçant notamment les famines en cours en Afrique.

C’est au tour de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), créée à la fin du XIXe siècle, de s’affoler. Après avoir rappelé que l’année 2019 a été la plus chaude après le record de 2016, elle prévient que 2020 « ne s’annonce pas sous de meilleurs auspices ». Comme l’explique son secrétaire général, Pëtteri Taalas, « malheureusement, nous nous attendons à voir beaucoup de phénomènes météorologiques extrêmes en 2020 et dans les décennies à venir, alimentés par des niveaux records de gaz à effet de serre qui retiennent la chaleur dans l’atmosphère (…). D’après la trajectoire des émissions de dioxyde, nous nous dirigeons vers une augmentation moyenne de 3 à 5 degrés (…) les scientifiques ont déjà montré que chaque demi-degré supplémentaire augmente l’intensité et la fréquence des canicules, des tempêtes, des sécheresses ou des inondations ». Pour cette agence de l’ONU, les records de chaleur ont « préparé le terrain aux immenses feux de brousse dévastateurs qui ravagent l’Australie ».

Folies humaines

L’OMM ajoute que d’autres phénomènes dangereux ont été constatés : la fonte des glaces, des records de niveau de la mer et de chaleur des océans et son acidification. Pourtant, explique Chris Rapley, climatologue de l’University College de Londres, interrogé par l’OMM, « nous voyons des individus et des groupes puissants qui redoublent d’efforts pour nier une réalité de plus en plus claire. De toutes les folies auxquelles les humains se sont livrés pour endommager notre système de survie, celle en cours est sans aucun doute en tête de la liste ».

Toutes les agences des Nations unies, comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS) l’UNICEF ou le PAM (Programme alimentaire mondial) ont multiplié depuis quelques jours les avertissements devenant autant d’appels au secours. Sans que cela parvienne à vraiment émouvoir les pays industrialisés. Ce qui explique sans doute que cette semaine, les Nations unies aient rendu public un appel demandant à la communauté internationale que les espaces protégés couvrent au moins un tiers de la planète en 2030, non plus pour protéger les êtres humains mais pour tenter de sauver ce qui reste de la biodiversité, qu’elle soit animale ou végétale.

Un appel qui paraît désespéré mais qui sera néanmoins « étudié » au congrès international de l’UICN, l'Union internationale pour conservation de la nature, réunion mondiale qui se tient tous les quatre ans et aura lieu cette année à Marseille, du 11 au 19 juin 2020. En guise de « cadeau de bienvenue », qui montre à quel point il se désintéresse de la question climatique et de la biodiversité, Emmanuel Macron vient d’annoncer qu’il s’opposera à toute nouvelle réintroduction d’ours brun dans les Pyrénées et a fait savoir qu’il n’y aurait jamais de référendum sur une question climatique.


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