La fusion de communes rend-elle heureux ?
Depuis 2017, villes et villages sont incités à se regrouper. Un gage d’efficacité, mais aussi une perte de proximité. Reportage dans la Manche.
dans l’hebdo N° 1591 Acheter ce numéro

En ce soir de janvier, la salle communale d’Herqueville (Manche) accueille une réunion publique en vue des élections municipales. À l’intérieur, une trentaine de personnes bavardent ; leurs discussions couvrent le vrombissement du vent qui balaie les alentours. Difficile de distinguer les candidat·es des administré·es. La tête de liste, Manuela Mahier (sans étiquette, elle y tient), sert elle-même les cafés. En mars, elle tentera de marquer l’histoire. Hyperbole journalistique ? Pas vraiment. Depuis 2017, Herqueville et dix-huit autres villes et villages ne font plus qu’un, une commune nouvelle bâtie sur l’ancienne communauté de communes et baptisée La Hague. Les 159 Herquevillais·es font désormais partie des 12 000 Haguais·es qui éliront pour la première fois leur maire en mars.
Dans la salle communale, cette reconfiguration administrative est l’un des principaux points abordés par la candidate. « Demain, dans la commune nouvelle, comment va-t-on pouvoir établir la proximité ? » interroge-t-elle d’emblée, avant de promettre : « Nous nous engageons à attribuer à chaque ancienne commune au moins deux représentants. »
Dans l’assemblée, les questions fusent : « Et si on a un problème, à quelle mairie doit-on aller ? » demande une administrée. « Combien de secrétaires de mairie va-t-il rester ? » demande sa voisine. Car, si la fusion est effective depuis trois ans, les équipes municipales élues en 2014 sont toujours en place. Les anciennes mairies ont également conservé des services, comme l’état civil, au titre de « mairies déléguées ». De 234, le nombre de membres des conseils municipaux passera à 69 en 2020. Puis à 33 en 2026. « Il faut se mettre dans l’esprit que les communes
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