Covid-19 : Agnès Buzyn accable la macronie

Les élections n’auraient pas dû avoir lieu, confie au _Monde_ l’ancienne ministre de la Santé qui accuse à mots couverts le gouvernement d’avoir tardé à prendre les décisions qui convenaient face au Covid-19.

Michel Soudais  • 17 mars 2020
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Covid-19 : Agnès Buzyn accable la macronie
© Photo : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Agnès Buzyn fait part de ses remords dans un article du Monde. Arrivée en troisième position à Paris, la candidate de La République en marche (LREM) a annoncé lundi qu’elle se retirait du jeu _« en raison de la situation sanitaire dans les hôpitaux ». Et apporte un témoignage accablant sur l’inertie du gouvernement face au virus Covid-19. Elle y déclare :

Quand j’ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous. Je suis partie en sachant que les élections n’auraient pas lieu.

La passation de pouvoir avec Olivier Véran s’est déroulée le 17 février, après qu’Agnès Buzyn ait accepté (« décidé », assure-t-elle en substance) de remplacer Benjamin Griveaux dans la course à la mairie de Paris. À ce moment-là, alors qu’on est encore à un mois du premier tour, la ministre affirme qu’elle était bien informée de la dangerosité du virus ainsi que de sa propagation rapide, et qu’elle en avait déjà informé Emmanuel Macron et le Premier ministre :

Je pense que j’ai vu la première ce qui se passait en Chine : le 20 décembre, un blog anglophone détaillait des pneumopathies étranges. J’ai alerté le directeur général de la santé. Le 11 janvier, j’ai envoyé un message au président sur la situation. Le 30 janvier, j’ai averti Édouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir. Je rongeais mon frein.

Il faudra pourtant attendre le 12 mars pour que les premières mesures d’ampleur soient prises, et le 14 mars pour que la fermeture des bars, restaurants et commerces non essentiels soit prise. Que de temps perdu !

L’ex-candidate à la mairie de Paris fait état de sa conviction que les élections auraient dû être reportées :

Ces propos sont consternants. Ils ne manqueront pas de renforcer le sentiment que le gouvernement a caché certaines informations (64% des Français le pensent, selon un sondage Ifop pour l’Express rendu public ce jour).

Depuis le début je ne pensais qu’à une seule chose : au coronavirus. On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade. La dernière semaine a été un cauchemar. J’avais peur à chaque meeting. J’ai vécu cette campagne de manière dissociée.

Si elle a bien sonné l’alerte au plus haut de l’État dès le mois de janvier, il y a là matière à alimenter les investigations de mission d’information sur l’impact, la gestion, et les conséquences dans toutes ses dimensions de l’épidémie de Coronavirus-COVID19 en France dont la conférence des présidents de l’Assemblée nationale a décidé ce matin la création. En attendant une possible commission d’enquête ?

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