Jean-Christophe Klotz : quand tombe le costume de journaliste

Cinéaste engagé sans être militant, auteur de plusieurs films sur le génocide au Rwanda, le réalisateur nous livre son rapport à la caméra, et plus largement au journalisme en images. Son dernier film est à voir en ligne.

Jean-Claude Renard  • 20 mars 2020 abonné·es
Jean-Christophe Klotz : quand tombe le costume de journaliste
© Jean-Christophe Klotz/ crédit photo forum des images.

A près le Rwanda, je ne pouvais plus être objectif et neutre. Je ne pouvais pas être témoin d’un génocide, compter les morts et repartir en vacances, c’est une position qui n’est pas tenable. » Jean-Christophe Klotz est un documentariste qui s’interroge sur son métier. Le 11 septembre 2001, l’affaire Karachi, jusqu’à une lecture personnelle du cinéma de John Ford, et surtout le génocide au Rwanda, sous plusieurs volets, et plusieurs dates, de 1994 à aujourd’hui. Jean-Christophe Klotz, c’est un cinéma documentaire, taquinant même la fiction, inscrit dans la violence du monde contemporain. Dans le prolongement d’un entretien avec Joseph Beauregard, pour un nouvel opus de la collection proposée par le Forum des images à Paris, « Un état du monde », web magazine questionnant le monde à travers le prisme des images (en partenariat avec _Politis), le cinéaste pose des mots sur son travail.

À l’évidence, il existe un impact de vos images sur vous-même. Comment cela se gère-t-il, même lorsqu’il y a une caméra entre vous et ce qui est filmé ?

Jean-Christophe Klotz : Quand on commence dans ce métier, on n’a pas forcément le recul qu’on

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Cinéma
Temps de lecture : 11 minutes