Journalistes au temps du virus

Comme pour beaucoup d’entre vous, ce virus nous a d’abord semblé très abstrait (la Chine, c’est loin), et peu menaçant. Mais dans le cours de la semaine dernière, alertés notamment par nos amis italiens, nous avons réalisé l’ampleur de la vague qui allait s’abattre sur nous. Il a fallu nous y préparer.

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D’abord, assurer une information solide et fiable, au moment où les fake news fleurissent à nouveau, où les réseaux sociaux s’emballent et amplifient n’importe quel conspirationnisme. Ensuite, assumer notre rôle de vigie du respect des droits, de la démocratie, de la justice, quand une situation d’urgence pourrait conduire des gouvernements à les malmener abusivement. Enfin, tenter de voir au-delà des infos qui pleuvent à longueur de journée, des flots de chiffres, commentaires et émotions véhiculés par les médias de l’immédiat, et réfléchir à demain, à ce que ce covid-19 révèle des maux de nos sociétés, et comment il sera – ou pas– un marqueur majeur de notre histoire, au-delà même du quinquennat Macron.

À l’heure où j’écris ces lignes, nous avons réussi à boucler les 32 pages de ce numéro. Mais j’ignore encore comment il pourra parvenir jusqu’à vous, car nous ignorons l’impact que les mesures de confinement auront sur notre imprimeur, sur le transporteur, sur la poste, sur les facteurs et factrices qui sont en charge de l’acheminer jusqu’à vous, et affrontent des risques mal gérés par leur direction.

Lire > Coronavirus : Aux risques et périls des salariés

Si vous avez ce journal entre les mains, cela prouvera que la presse est capable de prouesses. Enfin, parce que nous pensons qu’un confinement maximal est crucial pour juguler l’épidémie, nous avons fait le choix de ne pas distribuer ce numéro dans le réseau des marchands de journaux.

Bien sûr, nous espérons pouvoir continuer à vous servir dans les semaines qui suivent. Mais dans le doute, prenez l’habitude de consulter Politis en ligne, via notre site ou sur l’application mobile (consultez les consignes pour créer un compte abonné). Suivez-nous sur les réseaux sociaux (Twitter, Facebook). Qui plus est, nous avons décidé que tous les articles sur la crise du coronavirus, tant qu’elle durera, seront en accès libre pour tout le monde, abonnement ou pas.

Nous sommes journalistes. Jamais nous ne renoncerons à l’information, l’analyse, la critique. La crise que nous vivons ne fait que renforcer nos idéaux, notre conscience professionnelle, notre devoir. Nous sommes indépendants. Plus que jamais, et grâce à vous, nous entendons le rester.


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