La résistance à Macron passe par le local

Le Président fait mine d’être indifférent aux mauvais résultats qui s’annoncent pour son camp. Mais le scrutin et l’abstention montreront si la ligne du gouvernement est appréciée par le pays.

Étrange campagne. Après l’annonce dimanche de l’interdiction des rassemblements de plus de 1 000 personnes, plusieurs réunions publiques ont été annulées. À Paris, l’écologiste David Belliard et la maire sortante Anne Hidalgo ont quasi simultanément annoncé l’annulation du grand meeting de 1er tour qu’ils devaient tenir ce jeudi à quelques centaines de mètres l’un de l’autre. À Marseille, Martine Vassal, candidate (LR) à la succession de Jean-Claude Gaudin, a annulé ses trois réunions publiques de la semaine ; le meeting du Printemps marseillais (large union de la gauche) et celui de Bruno Gilles, candidat dissident LR, ont également été supprimés. À Lyon, Toulouse, Strasbourg, Saint-Étienne, le réflexe face à la propagation du virus Covid-19 est le même. Et les candidats de toutes tendances se replient sur Internet pour des meetings en ligne ou des émissions en Facebook live. Même les porte-à-porte sont considérés par certains d’entre eux comme une pratique à risque qu’il convient d’éviter.

L’épidémie de coronavirus percute de plein fouet les élections municipales, longtemps éclipsées dans l’actualité par le mouvement d’opposition à la réforme des retraites. Au point de les rendre imprévisibles.

Si les maires restent les élus préférés des Français et le conseil municipal l’institution à laquelle ils accordent le plus leur confiance, la participation aux élections municipales est en baisse continue depuis plus de trente ans. Il y a six ans, l’abstention avait culminé à 36,45 %. « Je pense que cette tendance va s’accentuer parce que le rapport des Français au local se distend », avance Rémi Lefebvre, maître de conférences à l’université de Lille-Ceraps. Nombre d’électeurs sont moins attachés à la commune dans laquelle ils vivent, parce qu’ils travaillent dans une autre, vivent dans une métropole ou sont éloignés du centre. Une tendance encore plus marquée chez les jeunes et dans les quartiers populaires, où les partis politiques, aujourd’hui sinistrés, étaient des agents de politisation. « Aujourd’hui, les milieux populaires décrochent par rapport aux municipales, ils n’y voient plus beaucoup d’intérêt », analyse ce spécialiste des mobilisations électorales.

La crainte des risques de transmission du Covid-19 menace également la participation : près de trois électeurs sur dix (28 %) interrogés par l’Ifop le 5 mars déclaraient être susceptibles de ne pas se rendre dans un bureau de vote ; ils étaient même 36 % dans l’agglomération parisienne. Ces abstentionnistes potentiels s’ajoutent-ils au socle habituel des abstentionnistes ? Sans doute.Mais en partie seulement. Or l’abstention, différente d’une élection à l’autre, influe plus sur les mouvements électoraux que les changements de camp.

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