Amazon ferme ses sites français pendant cinq jours

Condamné hier par le tribunal judiciaire de Nanterre à réévaluer ses mesures sanitaires, Amazon a annoncé la fermeture de ses entrepôts jusqu’au 20 avril.

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Cinq jours pour nettoyer les sites et évaluer les risques encourus pour les travailleurs. Voilà l’issue de la réunion de cet après-midi entre la direction d’Amazon et les représentants du personnel. Du 16 au 20 avril, les entrepôts du géant du e-commerce seront donc fermés pour mener à bien cette mission. Une fermeture demandée depuis le début de l'épidémie par les syndicats. C'était d'ailleurs la principale demande de Sud-Solidaires dans une plainte déposée mercredi dernier au tribunal judiciaire de Nanterre. Ce dernier a finalement prononcé hier la restriction de l'activité d'Amazon aux seuls produits jugés essentiels le temps que son plan sanitaire soit révisé.

Lire > Amazon contraint de restreindre son activité aux marchandises « essentielles »

Selon un communiqué publié par la CGT Amazon Logistique France, l'entreprise devrait faire appel à la convention d’activité partielle durant cette période. La compagnie a pour sa part indiqué que ce recours « a été évoqué » mais ses modalités non-définies.

Des rémunérations à hauteur de 100%

Dans tous les cas, l’entreprise s'est d’ores et déjà engagée à verser 100% des salaires. Les intérimaires devraient également être payés normalement jusqu’à la fin de leur contrat, même si une partie n’est pas réintégrée à la réouverture des sites selon Abdel Elidrissi de la CGT Adecco Nord, en charge du dossier Amazon : « Si Amazon réduit ses effectifs et que seule la moitié des intérimaires est réintégrée, l'autre moitié continuera d'être payée. Si Amazon refuse de le faire, c'est Adecco qui s'en chargera et qui devra se débrouiller pour récupérer son dû. »

Un certain scepticisme a également été affiché sur la possibilité de mener cette mission d’évaluation durant ces cinq jours. « La procédure d’information et consultation sur l’évaluation et la mise en place des mesures n’a pas commencé et il est donc difficile d’imaginer comment tout pourrait être effectué d’ici le 20 avril », poursuit la CGT.

Aucune évaluation des risques

« Ils n’avaient aucun document sur l’évaluation des risques » raille Yves Quignon, secrétaire général CGT de l'union locale du Douaisis, évoquant la situation du site de Lauwin-Planque. Selon les propos qui lui ont été rapportés, la direction aurait soudainement mis fin à cette réunion après que l’intersyndicale ait demandé l’intervention d’un cabinet d’expertise pour évaluer les risques. « Ce n'est pas possible que ça se passe comme ça », commente le syndicaliste, évoquant l’injonction du tribunal de Nanterre d’une concertation avec les représentants du personnel.

Alors que les centaines de droits de retrait déposées depuis le début de l’épidémie ne sont pas reconnues par l’entreprise, le syndicat complète :

À cet égard, puisque l’évaluation n’avait pas été menée précédemment et que donc les salariés pouvaient légitimement penser que la situation présentait un danger pour leur santé, nous considérons que ce maintien de salaire devrait également vous conduire à rémunérer à 100% les salariés ayant exercé leur droit de retrait depuis le début du mois de mars, en lien avec le Covid-19.

Néanmoins ce sujet n’était pas à l’ordre du jour.

Plusieurs corps de métier (nettoyage, sécurité, maintenance, cadres et RH) devraient rester présents sur les sites durant cette période. La réouverture pour l’ensemble des salariés est quant à elle prévue pour le 21 avril. Mais comme le précise la CFDT Amazon du site de Montélimar, il « restera à voir si les conditions d'une reprise sereine sont réunies. »


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