Cyrano avec nous !

Notre Voyage autour de nos chambres #44 vous propose de découvrir un film court créé par des comédiens pour soutenir la cause des intermittents et celle du spectacle vivant, à partir de la pièce d'Edmond Rostand, Cyrano confinés.

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Pendant cette période de confinement, bien des acteurs ont trouvé le moyen de s’exprimer sur la Toile. Ils créent des mini-spectacles, ébauchent ce qu’ils espèrent pouvoir développer plus tard. L’initiative de Cyrano confinés est d’un objectif différent. Bien que cela émane d’un petit groupe de comédiens (forts agacés par le long silence du ministre de la Culture), il s’agit de parler au nom de la profession, de lancer un cri au nom de tous les artistes, mais un cri qui n’ait pas une résonance didactique et qui exprime tout autant la joie que la tristesse.

« Non, merci »

L’équation n’était pas simple. Mais Salomé Villiers et Etienne Launay ont trouvé la solution en se demandant comment les gens de théâtre pourraient faire aussi bien que les danseurs du ballet de l’Opéra de Paris ou les chanteurs réunis par Maurice Vander pour La Symphonie confinée La Tendresse sur Youtube. Leurs amis Jean Barney et Cate Cyler, ont suggéré de se souvenir de la scène des « non, merci » dans Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand. Le texte est connu, un bijou pour dire le refus de s’avilir : « Avoir son encensoir, toujours, dans quelque barbe ? Non, merci. » Et ainsi de suite. Cyrano aligne les flèches contre ceux qui oublient ou étouffent les poètes : il devient, là, le compagnon des intermittents – dont le regroupement est mentionné à la fin du film.

Le texte de Rostand a été réparti à 53 acteurs, chacun ayant quelques secondes pour dire quelques mots et se filmer lui-même dans son confinement. Les micro-films ont été montés en un mini-film qui a du punch, de la drôlerie, de l’ironie et de la beauté. Raphaëline Goupilleau, Isabelle de Botton, Jean-Philippe Daguerre, Eric Verdin, Julie Cavanna, Anne Bouvier, Jacques Frantz, Grégory Baquet, Florence Muller sont quelques-uns des comédiens qui ont fait jongler ces mots anciens dans une sonorité moderne. D’ailleurs, une fois le verbe de Rostand lancé comme des ballons colorés dans le ciel, avec une malice constante dans l’arrière-plan du verbe, ils dansent. Paroles, jeu, corps, mouvements, sourires, tout swingue.

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