Éric, enseignant spécialisé : « Tous les enfants ne retrouveront pas le chemin de l’école d’ici à la fin mai »

Récit d’une rentrée pas comme les autres, racontée par celles et ceux qui en ont la charge. Éric Charles, enseignant spécialisé du réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) dans le Val-de-Marne et militant syndical SUD Éducation nous raconte cette semaine particulière. Témoignage (6/6)

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C ontrairement à ce que dit M. Blanquer, non, tous les enfants ne vont pas retrouver le chemin de l’école au moins une fois d’ici à la fin mai. En tout cas, pas ici à Chennevières. » Éric est enseignant spécialisé en Rased et exerce au sein de trois écoles de la commune. Son rôle : accompagner les élèves qui présentent des difficultés scolaires, en soutien aux équipes enseignantes. Le pédagogue n’a pas de classe dédiée mais encadre les enfants qui en ont besoin, seuls ou en groupe.

Le 11 mai, lorsqu’il se rend sur son lieu de travail, Éric s’attend à « trouver une école un peu préparée pour accueillir les élèves ». Mais il n’en est rien. « Les marquages au sol n’étaient que les derniers vestiges des élections municipales, les bâtiments n’avaient pas été désinfectés et il n’y avait pas de gel, ni de matériel pour organiser les “flux”, raconte l’enseignant. Les masques sont arrivés plus tard dans la matinée, estampillés d’un “ce produit ne protège pas des contaminations virales ou infectieuses”. Ça m’a fait bizarre. »

Les équipes font avec, préparent le bâtiment et constituent des groupes d’élèves – avant que le maire ne décide finalement de reporter la rentrée du groupe scolaire (maternelle et élémentaire) et de limiter, de moitié, le nombre d’élèves qui sera accueilli, faute de personnels. L’ouverture se fera le 25, mais « quelques ayants droit pourront être accueillis dans une autre école de la commune avant cette date ». Pour l’enseignant, « la semaine s’est déroulée dans l’incertitude totale. Il a fallu refaire plusieurs fois les groupes, en fonction des décisions de la mairie – qui a pourtant reproché aux personnels de ne pas vouloir prendre assez denfants, alors que cest elle qui navait pas les moyens den prendre plus… Les équipes se sont senties méprisées et ont eu l’impression que l’on se moquait d’elles… »


(1) Si Blanquer assure que 90% des établissements du premier degré ont rouvert, une enquête du SNUipp-FSU, syndicat majoritaire du premier degré, évoque une réouverture de 70% d’entre eux.


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