Pour nos maisons de la presse

Ce numéro de Politis est le premier depuis mi-mars à retrouver les kiosques et les marchands de journaux.

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Ce numérode Politis est le premier depuis mi-mars à retrouver les kiosques et les marchands de journaux. Le lundi 16 mars en effet, à la veille du confinement général, nous avions fait le choix de renoncer temporairement à être diffusé afin de ne pas encourager les sorties non essentielles. En ignorant alors combien de temps allait durer ce temporaire, mais en anticipant déjà qu’il excéderait de beaucoup les quelques semaines annoncées par le gouvernement. C’est donc finalement dix numéros que nous avons réalisés pour nos abonné·es et pour les lecteurs et lectrices occasionnel·les qui ont acquis la version numérique en ligne. Ce numéro se déploie dans une pagination légèrement réduite, tout d’abord parce que nous souhaitons poursuivre nos efforts sur Politis.fr, en accès libre depuis deux mois.

Afin également de partager nos articles avec le plus grand nombre, nous préparons actuellement un hors-série exceptionnel, en collaboration avec nos amis de la rédaction de Basta !, qui reviendra en détail sur la crise. Outre l’impréparation coupable du gouvernement, les atteintes profondes aux libertés apportées par l’état d’urgence sanitaire mais aussi l’émergence de nouvelles solidarités, nous mettrons en avant surtout celles et ceux qui ont bousculé l’idée reçue sur les fonctions essentielles de notre société : les soignant·es, les ouvrier·es, les enseignant·es, les employé·es de la distribution, etc.

Si nous sommes de retour, c’est aussi en soutien aux marchands de journaux, ce dur métier qui vient grossir les rangs des méprisés de cordée. Dans les grandes villes, les kiosquier·es qui tiennent leur poste du matin au soir, parfois jusqu’à cent heures par semaine, touchent le plus souvent un maigre salaire. Dans notre démocratie, la presse est si précieuse qu’elle a bénéficié du privilège d’être vendue directement dans la rue, notre lieu commun, espace de partage et d’échange, mais aussi de révolte – et c’est une très bonne chose. Mais ces femmes et ces hommes souffrent de la crise, et tout porte à croire que cela va s’aggraver. Depuis 2011, la France a perdu presque un quart de ses points de vente de journaux. Dans nos villes et nos campagnes, les maisons de la presse vendent depuis longtemps de la papeterie, des souvenirs ou des jeux, mais ce ne sont que des compléments qui permettent aux marchands de tenir. Leur rôle de passeur est plus que jamais essentiel dans notre démocratie vacillante, ce sont les témoins de nos colères, de nos joies et, le plus souvent, un lien, ne les abandonnons pas.

Soutenez vos marchands de journaux (la liste des points de vente où nous trouver est sur frama.link/pdvPolitis), lisez Politis.


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