9 mètres carré

Notre Voyage autour de nos chambres vous propose une série photographique d’Alice Beuvelet, consacrée à quelques locataires de chambres de bonnes. Un regard original sur le logement et ses conditions.

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On n’est pas dans le confinement, mais presque. 9 m², c’est le titre d’un reportage photographique d’Alice Beuvelet, entamé en 2015, étiré sur quatre années. 9 m², c’est la taille d’une cellule classique dans laquelle on enferme deux à trois détenus dans un centre pénitentiaire. C’est aussi la taille moyenne d’une chambre de bonne. Tout l’objet de ce travail photographique qui s’ouvre sur « un condensé de vie », ramassé en une seule pièce. Un lit, une douche, un coin cuisine, une table et une petite télé.

Chez Sofia, dans le XVIe arrondissement parisien. Ailleurs, c’est une chambre quasiment vide, dans le dénuement, où vit Pierre, un homme sous tutelle, qui s’est d’abord retrouvé dans la rue, à la suite d’une rupture, avant d’occuper cette pièce, placé par un tuteur. Il partage maintenant son quotidien avec un chat. Sa manière de le tenir dans ses bras dit toute la détresse et la souffrance de cet homme. Ailleurs encore, comme beaucoup d’étudiants, c’est une jeune femme, Fanny, inscrite à l’école Boule. Pas grand-chose n’occupe l’espace, sinon une penderie, une table et un ordinateur. Idem chez Seedy, un jeune africain ayant fui sa Gambie natale. C’est par l’association Corot, tournée vers la réinsertion de jeunes, qu’il a pu obtenir ce semblant de logement… C’est là toute une galerie de portraits (avec vue sur les toits de Paris), des accidentés de la vie, mais pas seulement, cadrés sans misérabilisme, quand même certaines situations sont difficiles, douloureuses.

D’une photographie à l’autre, Alice Beuvelet fixe l’exiguïté sans fard. L’ordinaire de pièces bancales, au diapason des existences. Avec un brin d’empathie. Et tellement d’humanité.

Série "9 mètres carré" d'Alice Beuvelet à découvrir (ici).

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