Dominique Boutet, dans un coin du ciel

Le spécialiste de la langue des signes française a été emporté par le Covid-19 fin mai.

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Rattaché à l’université de Rouen, tout en multipliant les collaborations avec d’autres facultés, Dominique Boutet nous a quittés, emporté par le Covid-19, ce vendredi 22 mai. À l’âge de 54 ans. Trop tôt, trop vite. Dominique Boutet avait fait de la langue des signes française et surtout de la gestualité, sa spécialité, se distinguant par une approche originale et complémentaire : d’une part, la gestualité n’est pas une annexe de la parole elle fait langage ; d’autre part, elle est façonnée par la physiologie corporelle. Passé par l’université d’Évry-Val-d’Essonne et Paris-VIII, participant à divers projets internationaux à Moscou, prochainement publié par Cambridge University Press, Dominique Boutet était un bosseur expérimenté, un inlassable ouvrier intellectuel, gouverné par de belles valeurs et, à l’image de nombre de chercheurs inconnus du grand public, essentiel dans ses travaux. Avec cette manière de faire les choses sans se prendre au sérieux.

Amateur d’art, et même de tous les arts, l’œil malicieux, facilement facétieux, toujours calé dans l’élégance, bricoleur acharné à ses heures, féru de rugby, taillé en costaud façon fort des Halles, Dominique Boutet était aussi un fin gourmet, au sévère coup de fourchette, viandard et fromager. Avec beaucoup de pain s’il vous plaît ! Avec son sempiternel sourire aux lèvres, il tutoyait les anges au quotidien. Maintenant, il peut les toucher.


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