En Tunisie, la colère des ouvrières agricoles

Dans les régions reculées, des femmes s’éreintent chaque jour dans les champs pour un salaire de misère et sans protection sociale. La crise du Covid-19 les laisse dans un dénuement total.

Thierry Brésillon  • 22 juillet 2020 abonné·es
En Tunisie, la colère des ouvrières agricoles
« Mon mari ne peut plus travailler. Si je perds mes bras, nous n’avons plus rien », témoigne cette ouvrière.
© Thierry Brésillon

Une voix s’élève parmi le groupe de femmes au travail pour ramasser les tomates dans cette matinée d’été : « On brûle sous le soleil ! On n’en peut plus ! Nous sommes au-delà de la fatigue ! » Comme les autres journalières autour d’elle, Cherifa, 47 ans, s’est levée à 3 heures du matin, a rejoint un petit bourg aux alentours de -Kairouan, à 160 kilomètres au sud-est de Tunis, puis est montée à l’arrière d’un camion envoyé par son employeur du jour pour aller récolter les fruits destinés à la fabrication de concentré. Recrutées au jour le jour, au gré des besoins des agriculteurs, les ouvrières sont transportées à l’arrière de camions, entassées par dizaines, avec dans certains cas une participation aux frais.

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Monde
Temps de lecture : 8 minutes