Dossier : Les luttes essentielles déconfinées

Le bâti scolaire : un défi archi important

La nécessité d’appliquer un protocole sanitaire dans les écoles a mis en lumière la nécessité de repenser leur architecture. De trop rares initiatives, tournées vers l’écologie et l’égalité, émergent.

L es élèves savent qu’ils sont accueillis dans des conditions de merde et des locaux vétustes », déplore Camille*, professeure d’histoire et géographie dans un collège particulièrement délabré en Seine-Saint-Denis. Dès la cinquième, c’est une véritable « conscience de classe » en lien avec cette problématique qui émerge, assure l’enseignante. « Parce qu’ils se rendent bien compte qu’il y a un problème d’égalité. » Dans cet établissement inscrit en réseau d’éducation prioritaire (REP), personnels et parents d’élèves, convaincu·es que le lieu d’apprentissage a un impact sur la scolarité des enfants, se mobilisent depuis près de six ans pour que des travaux soient entrepris. Quelques-uns seront réalisés cet été (dont le réaménagement des sanitaires, qui sont dans un état « catastrophique ») mais d’autres, qui n’avaient pas été demandés, sont aussi à l’ordre du jour, au détriment de certaines urgences, comme le désamiantage du collège (1), que le département ne financera pas. « Le vrai problème sanitaire ne sera donc pas résolu, s’indigne Camille. Alors on continue de demander aux agent·es d’entretien de ne pas frotter trop fort les sols pour que l’amiante ne s’échappe pas, et aux enseignant·es de ne pas percer les murs. Résultat, on ne peut pas installer les tableaux reçus il y a deux ans, alors qu’il devient très difficile d’écrire sur les nôtres. »

Dans l’école élémentaire où enseignait Saria* jusqu’à récemment, dans l’Essonne, la température des classes en hiver est comprise entre 9 et 14 °C, les sanitaires sont à l’abandon et sentent mauvais (la faute à un problème de canalisations) et les plombs sautent régulièrement. Le tableau ? Une simple planche en bois peinte sur laquelle les craies n’adhèrent quasiment pas. La commune, l’une des plus pauvres de France, n’a pas les moyens de participer à la rénovation des bâtiments, pourtant à sa charge.

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