« Les armes non létales déresponsabilisent la police »
Lacrymogène, LBD, Taser, grenades de désencerclement… Pour Paul Rocher, le suréquipement de la police favorise la montée en violence du maintien de l’ordre. Une escalade assumée par l’État et le politique.
Article paru
dans l’hebdo N° 1612 Acheter ce numéro
dans l’hebdo N° 1612 Acheter ce numéro

L’arme non létale dans les mains des forces de l’ordre, la promesse d’un apaisement ? Pour Paul Rocher, c’est l’inverse. L’auteur de Gazer, mutiler, soumettre livre un constat alarmant, celui d’une escalade de la violence suscitée par le suréquipement de la police. Loin de faire taire les coups de feu, les armes non létales, aux effets peu documentés, rendraient ces gâchettes supposément moins dangereuses plus faciles. Lanceur de balles de caoutchouc, gaz lacrymogène, grenade avec charges explosives… Ces équipements n’auraient pas été choisis pour leur caractère « éthique », selon l’économiste, mais pour leur efficacité à réprimer les contestations. Paul Rocher appelle à l’interdiction des armes non létales les plus dangereuses et à un contrôle populaire étroit sur l’introduction de tout nouvel équipement.
Selon vous, l’usage des armes non létales ne permet pas vraiment de faire advenir un maintien de l’ordre avec moins de morts ou de blessés, mais incite en revanche à davantage de violence.
Paul Rocher : L’arme ne rend pas seulement possibles des actions mais exerce une contrainte sur ces actions. Suggérer la non-létalité d’une arme conduit à une déresponsabilisation des tireurs. Les policiers équipés de ces outils se sentent plus à l’aise pour gérer un problème par la violence plutôt que par la non-violence. Aux États-Unis, ce
Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :
Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
Temps de lecture : 8 minutes
Pour aller plus loin…
Racisme • 16 avril 2026
abonné·es
Comment l’extrême droite manipule la science pour justifier le racisme
Malgré le consensus biologique, l’extrême droite ravive le racisme des sciences biologiques du 19e siècle qui ont justifié esclavagisme et colonisation. Cette résurgence irrigue le débat public et donne au racisme l’apparat d’un discours académique pour mieux se légitimer.
Par Juliette Heinzlef
Exclusif • 16 avril 2026
abonné·es
« Qu’est-ce qu’il dit l’orang-outan ? » : Frontières visé par une plainte pour ses commentaires racistes
Visé par des dizaines de commentaires le comparant à un « singe » suite à une vidéo de Frontières sur Facebook, Bouna M. a porté plainte contre le site d’extrême droite pour provocation publique à la haine et contre les auteurs des injures.
Par Hugo Boursier
Analyse • 15 avril 2026
abonné·es
Comment la loi Yadan entend « légiférer la censure » des voix pro-palestiniennes
La proposition de loi Yadan, débattue ce jeudi 16 avril, suscite de vives inquiétudes en raison de son caractère jugé liberticide et son contenu flou. Avocats, associations et artistes redoutent un recul de la liberté d’expression.
Par Kamélia Ouaïssa
Entretien • 15 avril 2026
« Nous utiliserons tous les moyens parlementaires pour que la loi Yadan soit rejetée »
La députée LFI Gabrielle Cathala, désignée cheffe de file contre la proposition de loi de Caroline Yadan, explique comment son groupe entend combattre le texte dans l’hémicycle.
Par Hugo Boursier
Best of
Les plus lus
1
« Nous utiliserons tous les moyens parlementaires pour que la loi Yadan soit rejetée »
2
Loi Rodwell : les droits des trans dans le viseur
3
Loana Petrucciani : autopsie d’un féminicide médiatique
4
Affaire Deranque : « Nous, descendant·es de personnes déportées et résistantes, nous ne pouvons plus nous taire »