Sous le casque d’un flic

Le fonctionnement de l’institution policière fabrique et cultive les comportements violents en son sein. Une technique bien pratique pour souder les rangs, au détriment de la population mais également des hommes et des femmes sous l’uniforme.

Oriane Mollaret  • 15 juillet 2020 abonné·es
Sous le casque d’un flic
Dans une manifestation de gilets jaunes à Marseille, le 5 janvier 2019.
© BORIS HORVAT/AFP

Aider les gens », « élucider des crimes », « sauver la veuve et l’orphelin »… Souvent, les policier·es fraîchement recruté·es ont une vision romantique de l’institution et de forts idéaux moraux. Comment en arrive-t-on alors à l’agressivité quotidienne que beaucoup de citoyens dénoncent ? En 2019, 1 460 plaintes ont été déposées à l’IGPN contre des policier·es, un chiffre en hausse de 24 % par rapport à 2018. La moitié de ces plaintes concerne des violences volontaires sur autrui.

« Bien sûr, certains entrent dans la police pour se sentir tout-puissants et exercer la violence sous couvert de la loi, mais ils sont -extrêmement minoritaires », assure Gabrielle (1), psychologue clinicienne depuis une dizaine d’années. Son cabinet, situé à proximité de commissariats et de casernes de gendarmerie, reçoit de nombreux membres des forces de l’ordre.

Pour elle, l’immense majorité de ces hommes et femmes n’est pas plus prédisposée à la violence que le reste de la population. En revanche, « ce qui est intéressant, c’est ce qui se passe après » leur entrée dans l’institution policière. C’est le fonctionnement de celle-ci « qui fabrique les comportements violents », continue la psychologue.

Comme si les policiers entraient en guerre contre la population

Les jeunes recrues se heurtent d’abord à la violence du quotidien. Sur le terrain, le « rêve de gosse » tourne court. En lieu et place des mercis attendus, ce sont souvent des pavés qui sont récoltés, au son de « tout le monde déteste la police ». « C’est très facile

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société Police / Justice
Publié dans le dossier
Où va la police ?
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

65 ans après le massacre du 17 octobre 1961, la même police
Colonialisme • 16 octobre 2026

65 ans après le massacre du 17 octobre 1961, la même police

Ces dernières semaines, les mobilisations lycéennes ont été marquées par de fortes répressions. 65 ans après le massacre du 17 octobre 1961, les pratiques de la police continuent de porter les traces de son histoire coloniale.
Par Kamélia Ouaïssa
À Saint-Avold, les gilets jaunes reprennent le rond-point
Reportage • 14 octobre 2026 abonné·es

À Saint-Avold, les gilets jaunes reprennent le rond-point

Depuis les premiers jours de la mobilisation lycéenne, une date est très attendue : celle du retour annoncé des gilets jaunes le 17 octobre. Une journée d’action lancée début septembre sur les réseaux sociaux pour protester notamment contre l’augmentation du prix de l’essence et du coût de la vie.
Par Céline Martelet
Mouvement lycéen : des aînés « fiers » et « admiratifs »
Luttes • 14 octobre 2026

Mouvement lycéen : des aînés « fiers » et « admiratifs »

Les lycéen·nes trouvent aussi du soutien parmi les militant·es engagé·es de longue date dans diverses luttes, qui accompagnent ce combat de la jeunesse avec un espoir renouvelé.
Par Kamélia Ouaïssa
Derrière les lycéen·nes, « la daronnerie est en colère »
Analyse • 14 octobre 2026 abonné·es

Derrière les lycéen·nes, « la daronnerie est en colère »

Depuis bientôt un mois, les lycéen·nes qui luttent pour leur avenir mènent un mouvement social de grande ampleur pour exiger notamment de meilleures conditions d’apprentissage. Dans leur sillage, et face à la répression qu’ils et elles subissent, des parents se mobilisent à leurs côtés. Certains sont organisés en collectif.
Par Pauline Migevant et Kamélia Ouaïssa