Les Verts au pied de la montagne

Au centre du jeu depuis les grandes villes gagnées en juin, EELV s’attelle à rassembler pour affronter les échéances électorales. Quel programme, quel projet, quelles figures pour l’incarner ?

Masqué·es, les inter-venant·es sont plus difficilement reconnaissables. Assise à une table de bois brut, la députée européenne Europe Écologie-Les Verts Karima Delli discute à bâtons rompus avec Guillaume Balas, l’un des fondateurs du mouvement Génération·s. David Cormand et Delphine Batho s’affichent à proximité de la buvette, où l’on distribue Fakir, le journal de François Ruffin. Tout autour de l’espace central, sous les paillotes de la Cité fertile – un tiers-lieu installé sur d’anciennes friches SNCF à Pantin –, les représentant·es et des militant·es de la plupart des partis incarnant l’écologie politique échangent, pêle-mêle, sans se soucier des chapelles. Au lendemain des élections municipales qui ont fait tomber dans l’escarcelle verte les villes de Lyon, Marseille, Bordeaux, Poitiers, Besançon ou encore Strasbourg, les écologistes de tout poil affichent à leurs premières journées d’été communes une unité rafraîchissante – et nécessaire en ces journées caniculaires des 20, 21 et 22 août.

« C’est historique », répètent à l’envi Julien Bayou, secrétaire national d’EELV, Delphine Batho, présidente de Génération Écologie, Claire Monod, cosecrétaire générale de Génération·s et les représentants des trois autres groupes coorganisant l’événement : Mouvement des progressistes, Alliance écologiste indépendante ou encore Cap 21. Mais c’est aussi un peu long ! Comme la conférence de presse de présentation du rassemblement, le mercredi 19 août, où chacun, tour à tour, a pris la parole. « Ça ressemblait un peu à l’émission “l’École des fans” », s’amuse une militante. Dans l’amphithéâtre ou sous de vastes auvents, les ateliers se succèdent : gestion municipale, société de consommation, télécommunications, 5G, dette, condition animale, nucléaire, écoféminisme, transports… « On retrouve un vocable commun », se félicite un adhérent de Génération·s. Julien Bayou et Sandra Regol, respectivement numéros 1 et 2 d’EELV, ne cachent pas leur satisfaction. Et l’arrivée surprise du ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, pour débattre et s’expliquer sur ses propos – il avait notamment, dans la préface du livre du président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, qualifié les écologistes d’« ayatollahs » – ne suffit pas à gâcher l’ambiance. Si un ministre vient débattre, n’est-ce pas leur accorder un statut d’opposants crédibles ?

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