Le Carnet : Zone humide à défendre

Des milliers de personnes s’opposent au projet de bétonisation du Carnet, dans l’estuaire de la Loire.

Il y a bien longtemps que le bocage du pays de Retz, entre Paimbœuf et Frossay, en Loire-Atlantique, n’avait pas été agité par des chants militants et des appels à se défendre. Jadis, la colère jaillissait face à un projet de centrale nucléaire – abandonné en 1997. Aujourd’hui, cette énergie combative bouillonne afin de protéger du béton les 395 hectares du site naturel du Carnet. « Nous sommes la Loire qui se défend ! » ont clamé sans relâche les centaines de personnes venues apporter leur soutien à cette lutte embryonnaire les 29 et 30 août.

Les traces du passé restent visibles : quelques anciens militants antinucléaires sont encore là, déterminés, et le sol du site du Carnet garde en mémoire les opérations de remblaiement sableux qui présageaient l’arrivée du monstre atomique. Après vingt ans de calme, la nature a repris sa place, mais pourrait à nouveau disparaître à cause d’un projet d’aménagement porté par le Grand Port maritime Nantes-Saint-Nazaire, organisme public en charge de ces terres. L’ambition : implanter un parc éco-industriel destiné aux énergies renouvelables marines, impliquant l’artificialisation de 110 hectares de zone naturelle et la destruction de 51 hectares de zones humides, mais prévoyant une zone de compensation écologique de 285 hectares. « C’est aberrant quand on sait que cette zone humide est le dernier tampon pour les communes en cas de crue. Et on ne peut plus nier les menaces de montée des eaux dans l’estuaire ! » s’alarme Gabriella Marie.

Cette habitante de Paimbœuf depuis dix ans ne connaissait pas Le Carnet. Fin 2019, elle entend parler de ce qui se trame grâce au collectif Terres communes, vigie précieuse pour la préservation des terres agricoles et naturelles du pays de Retz. Gabriella décide alors de mettre ses compétences de communicante au service du collectif Stop Carnet, qui compte actuellement un noyau dur d’une quinzaine de membres. « Nous ne pouvons pas rester indifférents face à la destruction de ces hectares de zones humides vitales. Sans compter les risques de pollution sonore et lumineuse et l’intensification du trafic fluvial que cela engendrera. J’appelle cela un projet écocidaire ! » s’indigne-t-elle, avant de prendre le micro pour motiver les troupes.

« Clés en main »

L’autre motif de la révolte, c’est la méthode pour le moins nébuleuse employée depuis des années par le Grand Port maritime concernant l’avenir du site.

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