Le théâtre joue son avenir

Les 432 millions d’euros alloués au spectacle vivant dans le cadre du plan de relance sont un bol d’air. Mais nombreux sont les artistes et professionnels qui s’interrogent sur l’évolution du secteur.

L’esquisse par Emmanuel Macron d’un douteux « plan pour la culture » est déjà, pour le milieu concerné, un vieux souvenir. Elle ne remonte pourtant qu’au 6 mai, soit quelques jours avant le déconfinement. Une fois acquis le prolongement du droit des intermittents sur une durée de douze mois, artistes, techniciens et professionnels ont commencé à préparer leur rentrée selon différents scénarios. Jamais très optimistes.

Après un été marqué par l’annulation des grands festivals, qui va peser sur l’économie de nombreux artistes et compagnies pendant une voire deux saisons, l’annonce d’une aide de 2 milliards d’euros pour la culture – dont 432 millions pour le spectacle vivant –, sur les 100 milliards du plan de relance promis par le gouvernement le 31 août, suscite un certain enthousiasme. D’autant qu’elle succède à une période d’oubli quasi total des arts et de la culture en haut lieu. On peut espérer que l’intervention du Premier ministre, Jean Castex, auprès de la nouvelle ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, marque un tournant dans la gestion de la crise en matière culturelle. Notamment théâtrale, ce champ étant, avec la filière musicale, l’un des plus fragilisés.

«Cette aide est évidemment bienvenue, de même que la prolongation du chômage partiel jusqu’à la fin de l’année. Car, si nous ouvrons au public avec autant de spectacles que pour une rentrée habituelle, nous sommes obligés de fonctionner au ralenti sur certains postes. Nous n’avons pu obtenir aucune baisse de loyer de la part de notre propriétaire, ce qui, à terme, risque de nous mettre en danger », témoigne Élisabeth Bouchaud, directrice des Déchargeurs et de la Reine Blanche, deux théâtres privés parisiens. Or, sur les 220 millions d’euros dévolus au spectacle vivant privé, seuls 10 millions permettront d’abonder le fonds d’urgence aux théâtres privés et aux compagnies non conventionnées. Ce qui ne suffit pas pour apaiser les craintes de la directrice, liées en partie aux mesures sanitaires imposées en zone rouge : port du masque -obligatoire et jauges réduites. « Les spectateurs ne se sont pas précipités à la Reine Blanche cet été, où nous avons repris un spectacle musical qui avait fait salle comble quelque temps plus tôt. Sont-ils prêts à revenir maintenant, alors que les mesures sont plus strictes ? »

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