Haut-Karabakh : Une population sacrifiée aux ambitions de la Turquie

L’offensive lancée par l’Azerbaïdjan pour reconquérir l’enclave soutenue par l’Arménie sert le plan d’Ankara d’extension de son influence jusqu’en Asie centrale.

Une accalmie précaire s’était installée dans les villes bombardées du Haut-Karabakh, en début de semaine, quinze jours après que l’Azerbaïdjan a déclenché une offensive d’ampleur pour reconquérir cette enclave indépendantiste à population arménienne dont elle a perdu le contrôle depuis 1994.

Le cessez-le-feu humanitaire obtenu le 10 octobre à Moscou avec l’Arménie, qui défend ce territoire, a été violé dans les heures qui ont suivi sa signature, signe que les conditions d’une solution non guerrière à ce vieux conflit sont loin d’être réunies. En dépit d’une force de frappe militaire bien supérieure, l’Azerbaïdjan n’est guère parvenu à faire bouger une ligne de front qui englobe depuis 1994 le territoire revendiqué ainsi qu’une zone tampon le reliant à l’Arménie. Elle s’était établie après une guerre sanglante qui s’était soldée par 30 000 morts, mais sans conclusion formelle, perdurant depuis sous forme d’accrochages sporadiques, dont le plus important eut lieu en 2016. Faute de gain territorial significatif, l’armée azerbaïdjanaise semble privilégier le bombardement des villes de la République d’Artsakh (comme s’est autoproclamée la population du Haut-Karabakh en 2017).

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« Dans le but de faire fuir la population civile, dont la moitié, près de 70 000 personnes, se sont déjà réfugiées en Arménie depuis le début de cette offensive, indique Hovhannès Guévorkian, représentant de l’Artsakh en France. L’autre moitié est bien décidée à se défendre sur place. En cas de désertification, la revendication des droits de la population deviendrait caduque, ne subsisterait qu’une question de légitimité territoriale… » Bakou brandit le respect de l’intégrité de ses frontières « internationalement reconnues », alors que la population artsakhiote, depuis toujours très majoritairement arménienne, oppose pour sa part le droit à l’autodétermination.

Lire notre dossier > Artsakh, héritage miné de l'URSS

Il avait été accordé par Moscou aux anciennes républiques soviétiques lors du démantèlement de l’URSS en 1991. Cette sécession du Haut-Karabakh a été rejetée par Bakou. Elle n’est d’ailleurs formellement reconnue à ce jour par aucun État de l’ONU (1).

© Politis

À ce stade, il semble illusoire d’espérer mieux qu’une instable trêve des armes. D’abord parce que l’offensive du 27 septembre répond à une inéluctable logique interne à l’Azerbaïdjan. La dictature familiale des Aliyev, Heydar puis Ilham, vit depuis vingt-six ans dans l’espoir d’une revanche et a engagé à cette fin depuis les années 2000 une course à l’armement.

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