Le Covid épargne les milliardaires

En seulement neuf mois, les 1 000 milliardaires les plus riches de la planète ont retrouvé leur niveau de fortune d’avant la crise sanitaire mondiale.

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On ne cesse de s’inquiéter des difficultés économiques induites par la crise du Covid-19 – où les mesures sanitaires mises en œuvre contre ce virus ont cet effet pervers de fragiliser ceux qui sont souvent les premiers susceptibles d’être infectés.

Lire > Caroline Izambert : « Avec le Covid, la santé a été désenclavée »

Avec la pandémie, des millions de personnes ont basculé dans la pauvreté, sous toutes les latitudes. Mais qu’on se rassure : tout le monde n’est pas logé à la même enseigne ! C’est ce que montre l’ONG britannique Oxfam, qui publie chaque année son rapport sur les inégalités dans le monde au moment où les puissants et autres ultra-riches ont pris l’habitude d’échanger, bien au chaud dans les hôtels (cinq étoiles) de la luxueuse station suisse de Davos. Entre deux descentes de ski. Peut-être aussi après un ou deux rendez-vous dans quelque banque locale, histoire de travailler leur « optimisation » fiscale.

Selon le rapport Oxfam 2021 – dont la méthodologie, jadis, a parfois été contestée par des économistes néolibéraux, alors qu’elle se fonde sur des sources provenant d’amateurs aussi connus que le Crédit suisse, Forbes ou la Banque mondiale… –, les 1 000 milliardaires les plus riches de la planète ont retrouvé – en seulement neuf mois – leur niveau de fortune d’avant la crise sanitaire mondiale. Alors qu’en 2008, précédente crise d’ampleur du capitalisme boursier, il leur avait fallu « au moins cinq ans » pour se refaire… S’agissant des milliardaires français, Oxfam note que les 175 milliards d’euros qui ont renfloué leurs patrimoines entre mars et décembre correspondent au double du budget de l’hôpital public…

Parmi eux, Bernard Arnault, propriétaire de l’empire du luxe LVMH – qui appartient au « top 10 » des personnes les plus riches du monde, dont les patrimoines (confondus) ont augmenté de quelque 540 milliards de dollars –, a ainsi pu se réjouir de voir le cours du titre de son groupe bondir de 25 % sur la période. Comme de coutume, les néolibéraux, toujours prêts à vouloir affaiblir les puissances publiques, peuvent se féliciter de leur action puisque ces hausses importantes des cours de Bourse sont en grande partie dues aux rachats d’actifs effectués par la Banque centrale européenne pour financer les plans de soutien et de relance nationaux en réponse à la crise. Tout va bien, donc, pour les milliardaires. Comme pour le « virus des inégalités » (Oxfam). Faut-il ajouter que l’ONG rappelle le seul vrai remède : une fiscalité plus redistributive passant par une hausse des impôts sur les grandes fortunes, la taxation des transactions financières et la lutte contre l’évasion fiscale ? Car on se répète, à la fin…


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