Reza Jafari : « Ce n’est pas cette France que j’aime »

Reza Jafari se bat pour celles et ceux qui, comme lui, ont dû fuir l’Afghanistan. Au nom des valeurs du pays qui l’a accueilli.

Dans sa voiture qui nous emmène dans les tréfonds de la banlieue parisienne, des notes chaleureuses retentissent. « Connaissez-vous la musique afghane ? » nous demande-t-il. Devant notre inculture coupable, ce jeune homme aux épaules larges et au regard perçant reste dubitatif. L’image de son pays d’origine est à ses yeux très importante. Il voudrait qu’on le connaisse tellement mieux. C’est pour cela qu’il dirige le Centre culturel afghan, à Paris, et qu’il s’est donné pour mission de « montrer qu’il existe une culture autre que la guerre ».

Natif de Ghazni, près de Kaboul, Reza est issu de la minorité hazara, persécutée par les talibans. Il n’a aucun souvenir d’enfance de son pays d’origine : ses parents ont fui l’Afghanistan pour l’Iran alors qu’il était bébé. Mais, en 2003, ils meurent avec les 22 000 victimes d’un grand tremblement de terre. Reza n’a que 9 ans. Il est placé dans un camp où il « grandit très vite », dit-il.

Persécuté par la police iranienne à cause de ses origines ethniques, le jeune garçon bagarreur et débrouillard finit par quitter le pays des mollahs pour un avenir meilleur. Il franchit les frontières à la rame ou planqué dans des camions. « Mon rêve, c’était de faire des études », confie-t-il. À 14 ans, il arrive à Paris. Il est alors ce qu’on appelle un mineur étranger isolé. Pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, l’orphelin devient pupille de la nation et, à 18 ans, obtient la nationalité française. De cette -expérience, Reza garde un attachement viscéral à la France.

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