Birmanie/Myanmar : La résistance aux militaires putchistes progresse, malgré tout…

En dix ans de « démocratie », la junte fait tout pour conserver le pouvoir dont elle s’est violemment emparée par un coup d’État le 1er février dernier.

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Alors que les plus âgés d’entre eux ont déjà connu quatre décennies de dictature militaire (1962-2011) et de sanglants épisodes de répression (comme en 1988, où plus de 3 000 personnes périrent sous les balles des soldats), la junte fait tout pour conserver le pouvoir dont elle s’est violemment emparée par un coup d’État le 1er février dernier. Coupures d’Internet, blocages de réseaux de téléphonie, diffusion de fake news allant jusqu’à faire croire à la libération de l’ex-Première ministre démocrate et prix Nobel de la paix 1991, Aung San Suu Kyi, arrêtée par les militaires… Bravant la peur, les Birmans sont toutefois descendus dans la rue samedi 6, dimanche 7 et lundi 8 février, leur nombre allant même croissant de jour en jour, pour protester contre le retour de l’armée au pouvoir. Les slogans appelaient à la libération de Suu Kyi et demandaient « la démocratie ». Ouvriers, moines, étudiants et de nombreux fonctionnaires ont formé des cortèges massifs, notamment à Rangoun et à Mandalay, la seconde ville du pays, les manifestants demeurant dans tous les cas totalement pacifiques.

Mais la reprise du pouvoir par les militaires est surtout le signe que l’armée birmane, véritable État dans l’État, n’a jamais vraiment été éloignée du système politique, Aung San Suu Kyi étant toujours restée en partie sous leur contrôle. Déjà, après le véritable nettoyage ethnique à l’encontre de la minorité Rohingya en 2017, elle avait dû aller devant la Cour de justice internationale de La Haye, « justifier » en quelque sorte l’horrible conduite des militaires. La large victoire de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie, aux élections du 8 novembre, n’a cette fois pas été supportée par les haut gradés, qui viennent d’instaurer la loi martiale. Mais pourront-ils réprimer, comme on peut le craindre, de nouveau dans le sang une large part de la population mobilisée ?


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