« Si seulement on m’avait entendue »

Quand ils parviennent à parler des viols et des agressions sexuelles qu’ils subissent, les enfants sont trop rarement pris au sérieux par les adultes.

Nolwenn Weiler (Basta!)  • 10 février 2021 abonné·es
« Si seulement on m’avait entendue »
© Martin Bertrand / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Q uand je me suis enfuie de chez ma mère, à 15 ans, j’ai dit à plein de monde que mon beau-père m’avait violée pendant sept ans. Personne ne m’a prise par la main pour aller porter plainte. Mon père ne m’a même pas crue », rapporte Céline. Aujourd’hui âgée d’une cinquantaine d’années, elle ne peut plus porter plainte, à cause de la prescription. « C’est trop tard, hélas. Si seulement quelqu’un m’avait entendue quand j’avais 15 ans. » Le problème, ce n’est pas tant le silence des enfants que le discrédit que les adultes jettent trop souvent sur leur parole. « L’amnésie traumatique, dont on parle beaucoup, est loin de concerner la majorité des victimes, rappelle l’historienne Fabienne Giuliani, spécialiste de l’inceste. En

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