À Paris, un conducteur percute deux personnes lors d’une manifestation de sans-papiers

Vendredi 10 octobre, un homme en voiture a percuté des manifestants lors d’une mobilisation organisée par un collectif de sans-papiers à Paris. Deux hommes ont été blessés et ont porté plainte. Malgré leurs témoignages, la police a retenu l’infraction de « blessures involontaires ».

Pauline Migevant  • 17 octobre 2025 abonné·es
À Paris, un conducteur percute deux personnes lors d’une manifestation de sans-papiers
Manifestation contre la loi Darmanin et pour la régularisation de travailleurs sans-papiers, à Paris, en mars 2023.
© Lily Chavance

Vendredi 10 octobre, les « tapeurs » battent les tambours au rythme des slogans. Derrière eux, une petite centaine de personnes. Comme tous les vendredis, la Coordination de sans-papiers 75 (CSP 75) revendique la régularisation de tous les travailleurs sans-papiers, la liberté de circulation et d’installation, la dignité pour les personnes migrantes.

En fin de cortège, Yoro, un délégué de la CSP, assure, en plus de la police, la sécurité de la manifestation qui a lieu sur la demi-chaussée. Il est 17 heures passées, rue des filles du Calvaire, dans le IIIe arrondissement, quand il comprend qu’une Fiat noire se dirige vers le cortège.

Quand il est sorti, il a fait plusieurs tours de sa Fiat pour vérifier qu’il n’y avait rien sur la carrosserie.

La voiture a dépassé la file de véhicules qui avancent au ralenti derrière la manifestation. La voiture double également le camion de police et ne freine pas. « Je lui ai fait signe de s’arrêter en disant que c’était dangereux », nous explique Yoro. « Il m’a regardé dans les yeux, il a pas parlé et il a foncé sur moi », poursuit-il. « C’est là que j’ai sauté, et que j’ai frappé sur la vitre pour l’arrêter. »

L’homme percute un autre manifestant, Adama, lui écrasant le pied. « Il m'a dépassé et je suis tombé au sol suite à la douleur », déclare le lendemain Adama à la police, dans une plainte consultée par Politis. Pour que la Fiat s’arrête, il a fallu que la police arrive en courant et pointe son arme sur le conducteur en lui intimant de s’arrêter. « J’ai dit aux camarades “éloignez-vous” » se souvient Yoro. « Dans ma tête il n'allait pas s'arrêter et ils allaient tirer. »

Les deux hommes sont blessés. Les doigts de Yoro sont tordus

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