Birmanie : Répression féroce contre les manifestants, Total « préoccupé »

La junte putschiste déchaîne sa violence mais le soutien chinois et russe n’augure pas d’une solution diplomatique.

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Samedi 27 mars, l’armée a à nouveau tiré à balles réelles sur les opposants au coup d’État sortis en nombre dans les rues des principales villes du pays, provoquant un véritable bain de sang, avec pas moins de 114 morts, dont au moins sept enfants. Le lendemain, lors des funérailles de certaines victimes, les militaires ont encore ouvert le feu sur les personnes qui accompagnaient les dépouilles mortuaires. De nombreux opposants ont également été lourdement condamnés, quand certains ont disparu. D’autres ont préféré s’exiler, notamment en Thaïlande, ou dans les zones ethniques de la Birmanie depuis longtemps en résistance contre le pouvoir central, comme celle de l’ethnie karen. Mais pendant que l’armée visait à l’arme automatique des civils désarmés, la junte assistait samedi au traditionnel défilé de « la Journée des forces armées ». À côté des généraux, particulièrement choyés, les représentants de huit pays, dont le vice-ministre de la Défense russe et un ministre chinois, ainsi qu’un Indien. Cette présence de deux membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU n’augure pas d’une solution diplomatique ou de pressions internationales… Quant au groupe Total, il continue d’exploiter ses stations off-shore dans les eaux birmanes, après avoir versé plus de 229 millions de dollars de taxes et autres royalties en 2019 à l’État birman, et fournit plus de 50 % de l’énergie du pays. Au lendemain du coup d’État, Total s’est dit « préoccupé ». Il finance aujourd’hui clairement un régime qui assassine son peuple.


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